Par Serge Mavungu
Le Front Anti-Dialogue a rendu public, ce vendredi 05 décembre publié 2025, une déclaration officielle suite à l’entérinement de l’Accord de paix bilatéral signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda.
C'était au cours d'une conférence de presse tenue, à Kinshasa, par le Coordonnateur du front Dieudonné Nkishi.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la persistance des tensions sécuritaires à l’Est de la RDC et par la multiplication des appels au dialogue national.
Dans sa déclaration, le Front Anti-Dialogue salue le fait que l’Accord de Washington a permis de mettre fin à une confusion persistante, notamment sur la nature du conflit à l’Est du pays. En acceptant des obligations internationales telles que le retrait des troupes rwandaises et la cessation du soutien aux groupes armés congolais, le Rwanda reconnaît juridiquement et politiquement son statut de partie belligérante, réfutant ainsi la thèse d’un simple conflit interne congolais. Pour le Front Anti-Dialogue, cette reconnaissance confirme que la crise est bien une agression externe organisée et soutenue par Kigali.
Si le Front Anti-Dialogue reconnaît les efforts diplomatiques du Président Félix Tshisekedi et de son Gouvernement, il reste profondément méfiant quant à la bonne foi du Rwanda dans la mise en œuvre effective de l’Accord. Il avertit que celui-ci doit être perçu comme un outil juridique et diplomatique, mais en aucun cas comme une garantie automatique de paix. La vigilance reste donc de mise face à la duplicité historique attribuée à Kigali.
La déclaration condamne fermement les appels lancés notamment par la CENCO -Conférence Épiscopale Nationale du Congo-, l’ECC -Église du Christ au Congo- et certains acteurs politiques en faveur d’un dialogue national. Selon le Front Anti-Dialogue, ces appels ne prennent pas en compte la nature interétatique du conflit et risquent d’entraîner une confusion dangereuse entre paix interne et agression extérieure.
Ces dialogues seraient perçus comme des manœuvres diluant la responsabilité de l’agresseur et paralysant la riposte nationale. Le Front rappelle que les dialogues passés, depuis 2000, ont systématiquement abouti à des compromis politiques au détriment de la paix durable et du peuple congolais.
Le Front Anti-Dialogue insiste sur le rôle central de la Constitution congolaise, qui place la souveraineté entre les mains du peuple et fait de la protection de l’intégrité territoriale un devoir primordial des institutions. Il appelle le peuple congolais à refuser toute forme de capitulation, à exiger vérité, justice et sécurité, et à soutenir sans réserve les FARDC dans leur lutte pour la défense du territoire national.
Infine, le Front Anti-Dialogue souligne que l’entérinement de l’Accord de Washington constitue une étape diplomatique importante, mais ne signe en rien la fin de l’agression ni de la lutte. Il appelle à l’auto-défense populaire, à une vigilance constante, à l’application rigoureuse de l’accord dans l’intérêt exclusif du Congo, et rejette catégoriquement tout dialogue susceptible de desservir la défense nationale.
"Nous ne dialoguerons jamais avec ceux qui tuent notre peuple. Nous ne capitulerons jamais devant l’agression. Le Congo n’appartient qu’aux Congolais qui veulent la paix et en connaissent la puissance militaire", conclut le Front Anti-Dialogue.