Par Ram's Kitamba
Le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, le professeur André Mbata Mangu, est arrivé ce dimanche 18 janvier 2026 à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, via l’aéroport national de Tshikapa. Il était accompagné d’une importante délégation, comprenant notamment le vice-ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Théo Kazadi Muayila.
À leur descente d’avion, les membres de la délégation ont été accueillis par une foule nombreuse, témoignant de l’intérêt que suscite cette visite officielle dans une province confrontée à de nombreux défis de développement.
Prenant la parole devant la délégation de l’Union sacrée, le Gouverneur du Kasaï, Crispin Mukendi, a publiquement interpellé le secrétaire permanent sur la viabilité jugée médiocre des entreprises chargées de la construction et de la réhabilitation des routes dans sa province. Le chef de l’exécutif provincial a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice dans l’attribution des marchés publics, estimant que le Kasaï est souvent lésé par rapport à d’autres provinces du pays.
« Pourquoi est-ce seulement au Kasaï que l’on envoie des sociétés qui ne sont pas à la hauteur pour construire les routes, alors que de bonnes entreprises sont affectées ailleurs ? Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? », s’est-il interrogé, sous les applaudissements de la foule.
Le Gouverneur rappelé que la dégradation avancée du réseau routier constitue l’un des principaux freins au développement du Kasaï. Selon lui, l’état des routes isole plusieurs territoires, complique l’évacuation des produits agricoles et ralentit considérablement les activités économiques locales.
Crispin Mukendi a également pointé du doigt la société TOHA, qu’il juge incapable de mener à terme les travaux de la route Tshikapa-Kandjanji, malgré le marché qui lui a été attribué. Pour lui, la faiblesse technique de certaines entreprises explique la multiplication des chantiers inachevés et la mauvaise qualité des ouvrages livrés.
En réponse, le professeur André Mbata Mangu a pris acte de ces préoccupations, tout en se voulant rassurant quant à la suite qui leur sera réservée.
« Le message du Kasaï est clair et légitime. Aucun coin de la République ne doit être abandonné ou traité comme une province de seconde zone. Nous transmettrons fidèlement ces revendications au Président de la République et au gouvernement, afin que justice soit faite et que les travaux publics répondent enfin aux standards de qualité attendus par nos populations », a-t-il déclaré.
À travers cette interpellation, les autorités provinciales du Kasaï expriment un malaise profond face à ce qu’elles considèrent comme une marginalisation persistante dans la mise en œuvre des politiques publiques nationales. Une situation que l’Union sacrée promet désormais d’examiner avec la plus grande attention.