Débat sur la révision de la Constitution en RDC : Jean-Claude Katende juge « ridicules » les arguments des sociétaires de l’Union Sacrée invoquant Mobutu et les Kabila

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Jean-Claude Katende,  président de l’ASADHO
Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO

Par Prosper Buhuru

Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean‑Claude Katende, a vivement critiqué les arguments avancés par certains acteurs politiques pour justifier une éventuelle modification de la Constitution de la République démocratique du Congo, en se référant aux précédents des anciens chefs d’État.

Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, le défenseur des droits humains estime que comparer les situations ayant entouré les régimes de Mobutu Sese Seko, Laurent‑Désiré Kabila et Joseph Kabila pour légitimer un changement de la Constitution sous l’actuel Président Félix Tshisekedi relève, selon lui, d’un raisonnement « ridicule » qui ne résiste pas à l’analyse.

Jean-Claude Katende rappelle d’abord que les contextes politiques dans lesquels ces dirigeants ont exercé le pouvoir ne peuvent être assimilés à celui de l’actuelle période constitutionnelle. Il interroge notamment la nature des régimes politiques qui ont précédé la Constitution actuelle, évoquant le caractère autoritaire du régime de Mobutu ainsi que les circonstances d’accession au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila.

Le président de l’ASADHO souligne également que la situation constitutionnelle sous Joseph Kabila ne peut être comparée à celle d’aujourd’hui, rappelant que l’ancien chef de l’État n’avait pas touché aux dispositions « verrouillées » de la Constitution.

Dans sa prise de position, Jean-Claude Katende met aussi en doute la possibilité juridique pour le Président Félix Tshisekedi de modifier certaines dispositions protégées par la Constitution.

« Le Président Tshisekedi a-t-il des pouvoirs qui lui permettent de toucher aux dispositions verrouillées de la Constitution ou de changer de Constitution ? », s’interroge-t-il.

Le défenseur des droits humains accuse, par ailleurs, les partisans d’un changement constitutionnel d’avancer des arguments qu’il juge peu convaincants. Selon lui, la volonté de modifier la Constitution est connue, mais elle devrait, dit-il, s’appuyer sur des arguments juridiquement solides.

Cette réaction intervient dans un contexte de débat politique autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Certains cadres et sympathisants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) continuent d’évoquer la possibilité d’un changement de la Constitution alors que le second mandat du Président Félix Tshisekedi court jusqu’en décembre 2028.

Au sein de la majorité présidentielle regroupée dans l’Union sacrée de la nation, certains soutiens du chef de l’État avancent, par ailleurs, l’argument selon lequel « Félix Tshisekedi n’a pas un mandat mais une mission » ; une formule qui alimente le débat sur l’avenir institutionnel du pays.

Pour Jean-Claude Katende, une telle orientation constituerait néanmoins une « mauvaise voie » susceptible de créer de nouvelles tensions politiques en République démocratique du Congo.

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Lundi 9 mars 2026 - 09:50