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Accueil de ressortissants étrangers en RDC : ENVOL fustige une décision du Gouvernement qu’il juge opaque et dangereuse pour la sécurité nationale

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Delly Sesanga, président du Parti Envol [photo d'illustration]
Delly Sesanga, président du Parti Envol [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

Le parti politique ENVOL, dirigé par l’opposant Delly Sesanga, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « projet obscur » du Gouvernement congolais, relatif à l’accueil sur le territoire national de ressortissants de pays tiers dans le cadre des politiques migratoires des États-Unis. Dans un communiqué de presse, cette formation politique fustige une initiative jugée contraire à la souveraineté nationale.

Selon ENVOL, cette réaction intervient après un communiqué officiel du Gouvernement daté du 5 avril 2026, confirmant des informations jusque-là révélées par les médias. Il s’agit de la mise en œuvre d’un dispositif d’accueil de ressortissants étrangers en République démocratique du Congo, une décision que le parti considère comme un tournant inquiétant dans la gestion des affaires de l’État.

Le parti de Delly Sesanga exprime une « profonde indignation » face à cette orientation politique. Il estime que le communiqué gouvernemental ne constitue pas une clarification, mais plutôt un aveu d’impuissance et un bradage de la dignité nationale. ENVOL rappelle, à cet effet, les conséquences historiques de la gestion des flux migratoires en 1994, lors du conflit rwandais, qui, selon lui, ont plongé le pays dans un cycle de violences persistantes depuis plus de trois décennies.

Dans son argumentaire, ENVOL met également en avant la situation interne préoccupante de la RDC. Le pays compte actuellement environ 7 millions de déplacés internes, tandis que de nombreux Congolais vivent en exil dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Le parti souligne en outre l’absence de fichier national de la population, de carte d’identité, ainsi que les insuffisances du système carcéral, judiciaire et des politiques d’habitat.

Face à ce contexte, ENVOL s’interroge sur la pertinence d’accueillir des individus rejetés par la politique migratoire américaine. Le parti estime que cette décision pourrait aggraver les défis sécuritaires et sociaux déjà existants. Il déplore également l’absence de débat public et de contrôle parlementaire autour d’une question qu’il juge hautement sensible pour la souveraineté territoriale et la sécurité nationale.

Le communiqué critique par ailleurs la communication du Gouvernement, accusé de dissimuler la portée réelle de cette décision derrière des expressions telles que « dispositif temporaire », « solidarité internationale » ou encore « respect de la souveraineté nationale ». Pour ENVOL, ces formulations ne sauraient masquer ce qu’il considère comme une externalisation de la politique migratoire des États-Unis sur le sol congolais.

Dans cette logique, le parti rejette catégoriquement toute présentation qui banaliserait l’accueil de personnes expulsées par un autre État. Il estime qu’une telle démarche reviendrait à subordonner la politique migratoire nationale à des décisions étrangères, à transformer le territoire congolais en espace de gestion des contraintes d’autres pays, et à compromettre l’autonomie de l’État dans la définition de ses priorités.

Enfin, ENVOL formule une série d’exigences, notamment la suspension immédiate de la mise en œuvre de ce dispositif, la publication intégrale des termes de l’accord, ainsi que la saisine du Parlement. Le parti appelle également à l’ouverture d’un débat national sur la politique migratoire et les engagements extérieurs de la RDC. Il exhorte les forces politiques et sociales à se mobiliser pour défendre la souveraineté, la dignité et l’avenir du pays.

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Lundi 6 avril 2026 - 17:03