Par Patrick Kitoko
Le Gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la réforme du secteur numérique. Le ministère des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication organise, pour la première fois, les États généraux du secteur en République Démocratique du Congo, autour du thème : « Postes et Télécommunications, vecteur de la croissance économique et du développement ».
Placée sous la houlette du ministre José Mpanda Kabangu, cette rencontre de trois jours ambitionne de jeter les bases d’une transformation profonde. L'objectif principal est d'élaborer une feuille de route nationale couvrant la période 2024-2028, en cohérence avec la vision stratégique « RDC Digital Nation 2030 », portée au sommet de l’État.
L’événement réunit un large éventail d’acteurs : institutions publiques, opérateurs privés, représentants de la société civile, universités, ainsi que des partenaires techniques et financiers internationaux tels que l'Union internationale des télécommunications, l'Union postale universelle et la Banque mondiale.
Un diagnostic sans complaisance du secteur a été présenté en amont des travaux. Il met en lumière d’importantes insuffisances structurelles. Le pays ne dispose actuellement que de moins de 6 000 kilomètres de fibre optique, alors que les besoins sont estimés à plus de 52 000 kilomètres pour assurer une couverture adéquate du territoire. Sur le plan postal, moins de 100 bureaux sont opérationnels sur les 365 recensés.
Quant à la téléphonie mobile, elle ne touche qu’environ 37 millions d’utilisateurs uniques, pour une population estimée à 112 millions d’habitants. Le cadre juridique apparaît également dépassé. La loi postale en vigueur, adoptée en 2002, ne répond plus aux réalités technologiques actuelles ni aux exigences d’un secteur en pleine mutation.
Face à ces défis, les participants structureront leurs réflexions autour de cinq axes majeurs : le développement des infrastructures et de la connectivité, l’amélioration du climat des affaires et de la fiscalité, la qualité des services de télécommunications, la relance et la modernisation du secteur postal, ainsi que la promotion de l’inclusion financière et numérique.
Ces États généraux marquent ainsi le point de départ d’une réforme attendue, avec l’ambition de faire du numérique un levier central de croissance économique et d’intégration en République Démocratique du Congo.