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RDC : Félix Tshisekedi conditionne les élections de 2028 à la fin de la guerre dans l’Est

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Le Président Félix Tshisekedi en train de voter à Kinshasa, le 20 décembre 2023.
Le Président Félix Tshisekedi en train de voter à Kinshasa, le 20 décembre 2023.

Par Prosper Buhuru

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a déclaré que la tenue des élections générales prévues en 2028 dépendra directement de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

S’exprimant sur la persistance du conflit, le chef de l’État a été explicite : « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne pourra organiser les élections en 2028. On ne peut pas organiser les élections sans le Nord et le Sud-Kivu ». Il a ainsi posé un principe de complétude territoriale comme condition préalable à l’organisation du scrutin.

Dans le même registre, Félix Tshisekedi a insisté sur l’impossibilité, selon lui, d’organiser des élections en excluant des zones sous occupation.

« On ne peut pas organiser les élections sans les parties occupées », a-t-il affirmé, en évoquant le cas de l’Ukraine pour illustrer la complexité d’un processus électoral en contexte de conflit armé.

Cette position marque, toutefois, un contraste notable avec le précédent scrutin de décembre 2023. À cette époque, les élections avaient été organisées sans la participation de certains territoires du Nord-Kivu, notamment Rutshuru et Masisi, alors sous contrôle des rebelles du M23-AFC. Malgré ces exclusions, le processus électoral avait été maintenu à l’échelle nationale.

Depuis lors, la situation sécuritaire s’est détériorée, avec une extension du conflit vers le Sud-Kivu et plusieurs autres zones du Nord-Kivu, compliquant davantage les perspectives d’un retour rapide à une stabilité suffisante pour un processus électoral inclusif.

En conditionnant explicitement les élections de 2028 à la fin de la guerre et à la récupération de l’intégrité territoriale, le Président de la République introduit un paramètre sécuritaire déterminant dans le calendrier démocratique. Cette approche soulève des enjeux majeurs, notamment en matière de respect des échéances constitutionnelles, de gouvernance en période de crise et de crédibilité des institutions.

À ce stade, aucune feuille de route détaillée n’a été présentée quant aux mécanismes envisagés pour concilier impératifs sécuritaires et exigences démocratiques, alors que le pays reste confronté à l’un des contextes sécuritaires les plus complexes de son histoire récente.

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Mercredi 6 mai 2026 - 20:47