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RDC : Denis Mukwege condamne la répression du sit-in de l’opposition et dénonce une « dérive dictatoriale »

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Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018 et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2023 en RDC [photo d'illustration]
Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018 et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2023 en RDC [photo d'illustration]

Par Don Benjamin Makolo

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege est monté au créneau samedi 13 juin 2026 pour condamner la répression du sit-in organisé la veille par l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa. Dans une déclaration rendue publique, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression sanglante » d’un rassemblement pacifique destiné, selon lui, à exprimer le refus populaire face à un projet de révision constitutionnelle qui viserait à permettre un troisième mandat au président Félix-Antoine Tshisekedi.

Dans son message, Denis Mukwege affirme condamner « avec la plus grande fermeté » les violences qui auraient visé les participants à cette manifestation. Selon lui, le sit-in avait pour objectif de porter la voix des Congolais opposés à toute modification de la Constitution susceptible de prolonger le maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà des limites actuelles.

L’ancien candidat à la présidentielle accuse également les autorités de Kinshasa d’avoir mobilisé et instrumentalisé les forces de sécurité ainsi que la « Force du progrès », qu’il présente comme une milice liée au parti présidentiel. Il juge inacceptable que des citoyens et des responsables politiques de l’opposition aient été, selon ses propos, victimes de tirs et de brutalités lors de cette mobilisation.

Pour Denis Mukwege, ces événements traduisent un rétrécissement préoccupant de l’espace civique et politique en République démocratique du Congo. Il estime que le pays évolue dans un climat marqué par la répression et l’intimidation à l’encontre des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des acteurs de l’opposition politique.

Le prix Nobel de la paix établit par ailleurs un parallèle avec les dernières années du régime de Joseph Kabila. Selon lui, les méthodes observées rappellent à la population congolaise et à la communauté internationale « les heures sombres » vécues il y a une décennie, lorsque les tensions politiques étaient particulièrement vives autour des questions liées à l’alternance démocratique.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive dictatoriale », Denis Mukwege lance un appel à une mobilisation nationale et internationale afin de prévenir ce qu’il décrit comme un « coup d’État constitutionnel en gestation ». Il estime qu’une telle évolution risquerait d’aggraver davantage la crise politique, sécuritaire et sociale que traverse déjà la République démocratique du Congo.

Cette réaction intervient au lendemain du sit-in de l’opposition organisé à Kinshasa. Alors que plusieurs acteurs politiques et organisations ont dénoncé des violences lors de cette manifestation, les autorités provinciales ont pour leur part contesté certains bilans avancés par l’opposition et présenté leur propre version des faits.

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Samedi 13 juin 2026 - 12:31