Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : à la veille de la clôture de la session parlementaire, les élus du Nord-Kivu et de l’Ituri claquent la porte de l’Assemblée nationale

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Les députés du Nord-kivu et de l'ituri [photo d'illustration]
Les députés du Nord-kivu et de l'ituri [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Les députés nationaux élus des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont exprimé leur profonde indignation face à la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique, ces élus ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un manque d’attention accordée à la gravité de la situation sécuritaire qui continue de frapper leurs provinces respectives.

Selon eux, plusieurs de leurs collègues issus d’autres provinces ne prennent pas suffisamment la mesure des défis auxquels sont confrontées les populations de l’Est du pays. Les députés estiment également que cette attitude est cautionnée par le bureau de l’Assemblée nationale, alors que les questions liées à la sécurité devraient figurer parmi les priorités de l’institution.

Dans leur déclaration, les élus ont insisté sur la nécessité d’examiner en profondeur la situation sécuritaire marquée par l’agression rwandaise à travers le mouvement rebelle M23. Ils ont également attiré l’attention sur les massacres attribués aux rebelles des ADF, qui continuent d’affecter plusieurs territoires de l’Est de la RDC.

Les députés ont notamment cité les territoires de Beni au Nord-Kivu, ainsi que ceux de Mambasa et d’Irumu en Ituri. Ils ont également fait état de l’extension de cette menace vers la province du Haut-Uele, soulignant le caractère préoccupant de l’évolution de la situation sécuritaire dans cette partie du pays.

Face à cette situation préoccupante, les élus du Nord-Kivu et de l’Ituri considèrent que l’Assemblée nationale devrait inscrire cette question à l’ordre du jour de ses travaux. Ils estiment qu’un débat approfondi sur la situation sécuritaire doit être organisé afin d’évaluer les réponses apportées aux violences qui touchent les populations concernées.

Les parlementaires demandent en outre la présence des membres du gouvernement directement concernés par cette crise, notamment les ministres de l’Intérieur et de la Défense. Pour eux, leur audition devant la représentation nationale est indispensable afin d’obtenir des explications sur la situation et d’envisager des solutions adaptées.

En signe de protestation, les députés des deux provinces ont annoncé la suspension de leur participation à la session ordinaire actuellement en cours à l’Assemblée nationale. Ils indiquent également qu’ils ne prendront pas part à la prochaine session extraordinaire tant qu’un débat sur cette question ne sera pas organisé et que des résolutions concrètes ne seront pas adoptées pour mettre fin aux massacres qui frappent les populations de leurs provinces.

Cette décision des députés du Nord-Kivu et de l’Ituri peut difficilement échapper à la critique dans l’opinion. Depuis le début de la session parlementaire, les massacres n’ont pas cessé à Beni, Mambasa, Irumu et dans d’autres zones affectées par l’insécurité. Si leur indignation est réelle, beaucoup se demandent pourquoi ils n’ont pas suspendu leur participation dès l’ouverture de la session ou exigé avec fermeté un débat urgent dès les premières semaines. 

Le fait que cette annonce intervienne alors que la session s’achève pratiquement ce lundi 15 juin peut donner l’impression d’une réaction tardive, voire d’un geste destiné à soigner leur image auprès de leurs électeurs. Pour certains citoyens de l’Est, qui vivent quotidiennement les conséquences de la guerre et des massacres, cette sortie pourrait apparaître davantage comme une déclaration politique que comme une véritable action susceptible de changer la situation sur le terrain.

Dimanche 14 juin 2026 - 09:00