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Répression du sit-in du 12 juin à Kinshasa : la Coalition C64 fait état de plus de 500 blessés, 27 disparus et 22 cas d’agressions sexuelles

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Quelques leaders de la plateforme de l’opposition C64 [photo d'illustration]
Quelques leaders de la plateforme de l’opposition C64 [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a rendu public un rapport synthétique détaillant les conséquences de la répression du sit-in organisé le 12 juin dernier devant le Palais du Peuple à Kinshasa. Cette manifestation, initiée par les forces de l’opposition pour exiger le retrait de la proposition de loi référendaire, s’est soldée par un bilan humain que la coalition qualifie de particulièrement alarmant.

Selon les données compilées par les différentes formations politiques membres de la plateforme, les violences enregistrées lors de cette mobilisation ont fait 2 morts, plus de 500 blessés, dont 338 cas graves et 219 blessés légers. Le rapport fait également état de 27 personnes portées disparues ainsi que de plusieurs arrestations jugées arbitraires par les organisateurs. La coalition évoque en outre 22 cas d’agressions sexuelles enregistrés au cours des événements.

Dans son rapport, la C64 met directement en cause la Police nationale congolaise ainsi que la « Force du Progrès », présentée comme une milice affiliée au parti au pouvoir, l’UDPS. Les deux structures sont accusées d’avoir mené une répression violente contre les manifestants, les leaders politiques et les députés présents sur les lieux du rassemblement.

La coalition affirme que divers moyens ont été utilisés lors de cette intervention, notamment des engins à fragmentation, des armes à feu, des machettes, des cocktails Molotov et d’autres armes blanches. Selon elle, cet arsenal aurait servi à disperser les participants au sit-in et à s’attaquer aux responsables politiques présents à cette manifestation.

Parmi les victimes citées dans le rapport figure l’opposant Delly Sesanga. La C64 rapporte qu’il a été grièvement blessé lors de la répression après avoir été atteint par deux tirs distincts. L’un des engins utilisés aurait explosé entre ses jambes, nécessitant une prise en charge médicale d’urgence. La coalition présente ce cas comme l’un des épisodes les plus marquants des violences survenues ce jour-là.

Au-delà du bilan humain, le document recense également d’importants dégâts matériels. Plusieurs sièges et quartiers généraux de partis politiques de l’opposition auraient été touchés par des actes de vandalisme, de pillage et de vol. Des incendies de véhicules et de motos ont également été signalés dans les permanences de plusieurs formations politiques, notamment celles liées à Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Moïse Katumbi et d’autres figures de l’opposition.

À l’issue d’une réunion d’évaluation, la coalition a annoncé l’organisation d’une grande marche nationale le 8 juillet 2026 pour réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, avec comme point de chute à Kinshasa le Palais de la Nation.

Face à cette situation, la Coalition C64 réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et internationale afin de faire la lumière sur les événements du 12 juin. Malgré la position des autorités de Kinshasa, qui contestent ce bilan et saluent le professionnalisme de la police, la plateforme d’opposition maintient sa mobilisation.

Vendredi 19 juin 2026 - 20:02