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Révision de la Constitution en RDC : la Société civile de Nyiragongo réclame un débat inclusif et désavoue la Coordination nationale

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Jean-Claude Mambo Kawaya, président de la coordination territoriale de la société civile, forces vives de Nyiragongo [photo d'illustration]
Jean-Claude Mambo Kawaya, président de la coordination territoriale de la société civile, forces vives de Nyiragongo [photo d'illustration]

Par la Rédaction

La Coordination territoriale de la Société civile Forces vives de Nyiragongo est montée au créneau à la suite d'une lettre ouverte adressée à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) par la Coordination nationale de la Société civile au sujet de la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo

Dans une déclaration rendue publique, cette structure locale affirme avoir pris connaissance du document signé par le président intérimaire de la Coordination nationale et exprime son désaccord quant à la démarche adoptée dans ce dossier qu'elle considère comme relevant de l'intérêt national.

Pour la Coordination territoriale de Nyiragongo, le contenu de cette correspondance révèle une approche qu'elle juge peu appropriée à l'importance de la question abordée. Elle estime notamment qu'une confusion est entretenue entre la Société civile, présentée comme une structure pluraliste et indépendante, et la CENCO, considérée comme l'une des nombreuses composantes de la société congolaise. Selon elle, les deux entités ne sauraient être assimilées dans le traitement d'un débat engageant l'avenir du pays.

Dans sa réaction, la structure de Nyiragongo reproche également au président intérimaire de la Coordination nationale d'avoir, au fil du temps, rapproché les positions de la Société civile de celles de la CENCO. Elle soutient que les prises de position de la Coordination nationale devraient être le résultat d'un processus de concertation impliquant les coordinations provinciales et territoriales. À ses yeux, les déclarations faites au nom de la Société civile ne peuvent découler d'initiatives individuelles sans consultation préalable des différentes composantes concernées.

Abordant le fond du débat, la Coordination territoriale rappelle que la question de la révision de la Constitution concerne l'ensemble du peuple congolais. Elle souligne que chaque citoyen dispose du droit d'exprimer librement son opinion sur un sujet aussi important. Dans cette logique, elle considère qu'aucune personne ni aucune structure ne peut prétendre parler au nom de toute la Société civile ou de l'ensemble de la population sans avoir recueilli au préalable l'avis des différentes sensibilités représentées.

La déclaration met également en avant la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut dans l'Est de la République démocratique du Congo. La Coordination territoriale de Nyiragongo déplore ce qu'elle qualifie d'absence de réactions soutenues face aux massacres de civils, aux violences sexuelles, aux enlèvements, aux déplacements forcés et aux autres atteintes aux droits humains qui affectent les populations de cette région. Elle estime que ces questions auraient mérité des prises de position plus régulières et plus fermes.

Les responsables de la Société civile de Nyiragongo regrettent par ailleurs le silence observé, selon eux, sur la problématique de l'agression dont la RDC est victime. Ils rappellent que cette situation figure parmi les préoccupations majeures des populations affectées et indiquent n'avoir eu connaissance d'aucun message officiel exprimant solidarité ou compassion envers les victimes de cette crise.

La Coordination territoriale s'interroge en outre sur le processus ayant conduit à la publication de la lettre ouverte. Elle affirme qu'à sa connaissance, aucune consultation préalable n'aurait été organisée auprès des présidents des coordinations provinciales, y compris celle du Nord-Kivu. Cette absence de concertation soulève, selon elle, des interrogations quant à la légitimité d'une prise de position présentée comme reflétant la volonté de la population.

Face à cette situation, la Coordination territoriale de la Société civile de Nyiragongo appelle les responsables provinciaux de la Société civile, notamment ceux du Nord-Kivu ainsi que leurs homologues des vingt-six provinces du pays, à se saisir de la question. Elle plaide pour une redynamisation du bureau de la Coordination nationale, un renforcement de son fonctionnement démocratique et une meilleure prise en compte des préoccupations de l'ensemble de la population congolaise.

Lundi 22 juin 2026 - 11:48