Par Serge Mavungu
La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH-RDC) estime que toute réforme de la Constitution doit avant tout renforcer la protection des droits fondamentaux, la démocratie, la justice et l'État de droit.
C'est le message porté par son président, Paul Nsapu, lors d'une conférence-débat organisée jeudi à Kinshasa sur le thème : « Droits de l'homme et réforme constitutionnelle : enjeux, limites et perspectives pour un État de droit en RDC ».
Neutralité institutionnelle
Se gardant de prendre position sur l'opportunité d'une révision constitutionnelle, Paul Nsapu a rappelé que la CNDH agit dans le strict respect de son mandat d'institution indépendante chargée de promouvoir et de protéger les droits humains.
D'après lui, son rôle consiste à veiller à ce que tout projet de réforme demeure conforme aux principes démocratiques et aux engagements internationaux de la République démocratique du Congo.
Un débat en temps de crise
Le président de la CNDH a souligné que le débat intervient dans un contexte marqué par des crises politiques, sécuritaires, économiques et humanitaires persistantes.
Il a évoqué les souffrances des populations de l'Est du pays, confrontées aux conflits armés, aux déplacements forcés, aux massacres de civils et aux violences sexuelles, estimant que cette réalité impose une réflexion responsable sur l'avenir des institutions.
La Constitution, un pacte social
Pour Paul Nsapu, la Constitution représente bien plus qu'un simple texte juridique. Elle constitue le pacte fondamental qui organise la vie de la Nation, protège les libertés publiques et garantit la dignité de chaque citoyen.
À ses yeux, le véritable enjeu n'est donc pas de savoir s'il faut modifier la Constitution, mais de déterminer dans quel intérêt, selon quelle méthode et avec quelles garanties pour les droits humains.
Il a aussi insisté sur le fait que la réforme constitutionnelle ne peut être guidée uniquement par des considérations politiques. Elle doit reposer sur les valeurs essentielles d'une société démocratique : la dignité humaine, la liberté, l'égalité, la justice et la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques.
Un processus fondé sur le consensus
Dans ses recommandations, la CNDH appelle à un processus respectueux de la Constitution, de l'État de droit et des engagements internationaux de la RDC.
Paul Nsapu estime qu'une réforme durable ne peut aboutir qu'avec le consentement populaire et un large consensus national.
En conclusion, il a rappelé que les attentes des Congolais ne concernent pas uniquement une éventuelle modification des textes, mais également un changement des pratiques institutionnelles et des comportements des dirigeants.
Selon lui, la solidité d'une Constitution dépend avant tout de la volonté collective de la respecter et de la faire vivre.