Par Serge Mavungu
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, est arrivée à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, dans la soirée de jeudi 23 juillet 2026.
Et ce, dans le cadre de la poursuite de sa tournée consacrée à la lutte contre l'épidémie d'Ebola.
À la tête d'une importante délégation composée notamment de la ministre d'État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaiba, du représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU et coordonnateur humanitaire, Damien Mama, ainsi que des représentants de l'OMS, de l'UNICEF et d'Africa CDC, la cheffe du Gouvernement est venue s'enquérir de l'évolution de l'épidémie à son principal foyer, évaluer les dispositifs de riposte et identifier les défis qui persistent.
À son arrivée, elle a été accueillie par le gouverneur militaire de l'Ituri, le général-major Gaby Kasongo, entouré des autorités provinciales, des élus, ainsi que des représentants de la société civile et des associations féminines.
Après une première étape à Kisangani, Judith Suminwa a expliqué qu'il lui paraissait indispensable de se rendre à Bunia, considérée comme l'épicentre de l'épidémie.
"J'avais dit que je ne pouvais pas aller à Kisangani sans venir à Bunia. Je suis venue constater la situation, soutenir la population et montrer que le Gouvernement est à vos côtés. Le Gouvernement a débloqué 50 millions de dollars pour la riposte contre Ebola. Il s'agit maintenant d'évaluer les actions entreprises afin d'améliorer notre réponse et de mettre fin à cette maladie", a indiqué la Première ministre.
Dès son arrivée, la cheffe de l'exécutif national a présidé une réunion avec le comité provincial de sécurité, les responsables du Centre des opérations d'urgences de santé publique (COUSP), ainsi que les partenaires nationaux et internationaux engagés dans la riposte. Les échanges ont porté sur les difficultés rencontrées sur le terrain et les solutions à mettre en œuvre pour renforcer les interventions.
Le coordonnateur provincial de la riposte et Incident Manager, le professeur Steve Ahuka, a salué cette visite qu'il considère comme un signal fort en faveur des équipes mobilisées et des populations touchées.
"La venue de la Première ministre constitue un encouragement pour les équipes de la riposte et un message d'espoir pour les familles affectées. Nous faisons face à l'une des épidémies d'Ebola les plus complexes qu'ait connues notre pays. Toutefois, pour la première fois, nous bénéficions d'un appui direct du Gouvernement central" , a-t-il indiqué.
À en croire Steve Ahuka, la riposte reste confrontée à plusieurs contraintes, notamment l'insécurité, l'accès difficile à certaines zones, l'exploitation artisanale dans les sites miniers, la présence de nombreux déplacés internes et la réticence de certaines communautés. Ces facteurs ont favorisé une propagation rapide de la maladie, avec près de 2 500 cas enregistrés en 70 jours.
Malgré cette situation, les partenaires internationaux se disent confiants quant à l'évolution de la riposte.
"Les informations reçues aujourd'hui sont encourageantes. Les capacités des centres de traitement et de dépistage ont été renforcées. Cette maladie ne connaît ni frontières, ni appartenances politiques, ni nationalités. Personne n'est à l'abri. Nous restons pleinement mobilisés aux côtés du Gouvernement pour mettre fin à cette épidémie dans les meilleurs délais", a déclaré Damien Mama, coordonnateur humanitaire des Nations unies.
Ce dernier a aussi salué la réactivité du Gouvernement, qui a rapidement mobilisé des ressources financières pour soutenir les opérations.
La Première ministre a, de son côté, rendu hommage au chef de l'État, Félix Tshisekedi qu'elle a présenté comme le principal artisan de la coordination nationale de la riposte, en sa qualité de président de la task-force Ebola.
Après cette étape à Bunia, Judith Suminwa va poursuivre sa mission à Rwampara et à Mongwalu, deux autres zones fortement touchées par l'épidémie.