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Débat sur le référendum en RDC : la Coalition de l’Article 5 appelle à privilégier le droit, la souveraineté populaire et le dialogue national

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Les membres de la C5 [photo d'illustration]
Les membres de la C5 [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le débat autour du référendum en République démocratique du Congo connaît un nouveau développement après la décision de la Cour constitutionnelle sur la loi fixant les conditions de son organisation. Dans une déclaration rendue publique à Lubumbashi, la Coalition de l’Article 5 affirme prendre acte de l’arrêt de la haute juridiction et invite les acteurs politiques ainsi que les citoyens à privilégier le respect des institutions et des principes de l’État de droit. À travers cette prise de position, la plateforme expose sa lecture de la décision judiciaire et de la situation politique actuelle.

La Coalition rappelle que, par son arrêt du 28 juillet 2026, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, tout en l’assortissant de réserves d’interprétation destinées à encadrer son application. Selon elle, cette décision s’impose à l’ensemble des pouvoirs publics, des formations politiques et des citoyens. Elle estime qu’il est légitime d’en débattre ou d’en analyser la portée, mais considère qu’aucun acteur ne peut se substituer à la justice en remettant en cause la validité d’un arrêt rendu par la Cour.

La Coalition soutient également que cette loi vient combler un vide juridique persistant depuis vingt ans, la Constitution ayant prévu le recours au référendum sans que ses modalités d’organisation n’aient été définies jusque-là. Elle fait valoir que consulter directement le peuple ne constitue pas une menace pour les institutions, à condition que cette consultation demeure strictement encadrée par les dispositions constitutionnelles. Elle insiste notamment sur le fait qu’aucun référendum ne devrait servir à remettre en cause les principes intangibles de la République ni à personnaliser l’exercice du pouvoir.

Dans sa déclaration, la Coalition de l’Article 5 affirme par ailleurs que, si la parole est donnée au peuple, celle-ci doit l’être dans des conditions jugées loyales afin de permettre aux citoyens de se prononcer en toute souveraineté. Elle assure qu’elle respectera l’issue de cette consultation, quelle qu’elle soit, estimant que cette attitude traduit le respect de l’article 5 de la Constitution, qui place la souveraineté entre les mains du peuple.

La plateforme se prononce également sur le climat politique national, qu’elle juge marqué par une bipolarisation croissante. Elle refuse, selon ses termes, le choix entre un soutien inconditionnel au pouvoir en place et une opposition systématique à toutes les initiatives gouvernementales. Revenant sur l’histoire politique du pays depuis 1960, elle estime que les grandes décisions ont souvent été prises dans des cercles restreints, sans réelle implication de la population, et met en garde contre les appels à la mobilisation dans la rue avant l’épuisement des voies légales.

Dans cette même logique, la Coalition rappelle que la résistance reconnue au peuple par la Constitution constitue, selon elle, un ultime recours qui ne devrait pas être utilisé comme un instrument de positionnement politique. Elle considère qu’avant d’en arriver à cette extrémité, il importe de garantir aux citoyens l’exercice de leur premier droit, celui de faire entendre leur voix à travers les mécanismes prévus par la Constitution.

Selon elle, les échanges devraient porter en priorité sur la sécurité des populations de l’Est, la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, ainsi que sur la mise en place d’un État capable de protéger les citoyens et de créer des emplois dignes. Enfin, elle rappelle que la souveraineté du peuple demeure inaliénable et que la Constitution constitue le contrat social de la République.

La Coalition de l’Article 5 appelle les Congolaises et les Congolais à faire preuve de vigilance républicaine et à ne pas devenir les instruments des rivalités politiques. Elle estime que le dialogue national annoncé ne produira des résultats que s’il associe les forces vives du pays et prend en compte les attentes de la majorité silencieuse.

Jeudi 30 juillet 2026 - 22:35