Génocost en RDC : le Gouvernement Suminwa appelé à renforcer les actions en faveur des victimes

Catégorie
Image
Photo d’illustration
Photo d’illustration

Par Serge Mavungu

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a pris part, dimanche 2 août à Kinshasa, à la quatrième édition de la Journée nationale de commémoration du Génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST), placée sous le thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? ».

Organisée au Mémorial du GENOCOST, cette cérémonie a réuni plusieurs personnalités du pays, dont le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Première Dame Denise Nyakeru, des membres du Gouvernement, des responsables des institutions publiques, des représentants du corps diplomatique, des autorités traditionnelles et religieuses ainsi que des acteurs de la société civile.

Cette journée de mémoire a été marquée par des témoignages de survivants et des interventions axées sur les mécanismes de justice transitionnelle, notamment la préservation de la mémoire, la réparation des victimes et la poursuite des auteurs des crimes liés aux conflits armés et au pillage des ressources naturelles de la RDC.

Dans son intervention, le chef de l’État a rendu hommage aux millions de Congolais victimes des violences, soulignant qu’aucune vie humaine ne pouvait être réduite à un simple chiffre. Il a, à cette occasion, demandé au Gouvernement de prévoir dans le budget national les moyens nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST, afin d’assurer des réparations « justes et effectives » aux survivants.

Pour la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette orientation implique un renforcement de l’engagement gouvernemental dans les politiques de mémoire, de justice et de réparation. Elle avait déjà appelé, en août 2024 à Kisangani, à intensifier les actions en faveur des victimes des violences liées aux conflits armés.

De leur côté, le Fonds national des réparations des victimes (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et réparations (CIA-VAR) poursuivent le processus d’identification et d’homologation des victimes. Selon les données communiquées, plus de 1,2 million de victimes potentielles ont déjà été enregistrées à travers le pays, alors que plusieurs milliers ont été homologuées pour bénéficier du processus de réparation.

Un Musée national du GENOCOST en perspective

Au cours de cette commémoration, le président de la République a également annoncé l’entrée dans sa phase opérationnelle du projet de Musée national du GENOCOST. Cette infrastructure devrait servir de centre de conservation des archives, des preuves matérielles et des témoignages liés aux crimes commis en RDC.

Le futur musée est également appelé à devenir un espace de recherche, de recueillement et de transmission de la mémoire collective. Parallèlement, le Gouvernement entend intégrer progressivement le récit du GENOCOST dans le système éducatif afin de renforcer la connaissance de l’histoire nationale et les valeurs citoyennes.

Instituée dans le cadre de la loi n°22/065 du 26 décembre 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité internationale, la commémoration du GENOCOST intervient après la reconnaissance officielle, en octobre 2025, par l’Assemblée nationale, du Génocide congolais pour des gains économiques.

Cette reconnaissance a notamment conduit à l’instauration du 2 août comme journée nationale dédiée à la mémoire des victimes.

Mardi 4 août 2026 - 06:19