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RDC : le ministre de la Santé interdit aux hôpitaux de refuser la prise en charge d’un patient en urgence faute de paiement

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Le Dr Samuel Roger Kamba Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale de la RDC
Le Dr Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale de la RDC

Par Don Benjamin Makolo

En République démocratique du Congo, la prise en charge d’un patient en situation d’urgence extrême ne devrait plus dépendre de sa capacité à payer immédiatement. C’est l’engagement rappelé par le ministre de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba, qui affirme avoir pris un arrêté interdisant aux établissements de santé de refuser un malade en situation d’urgence pour des raisons financières.

« Vous ne pouvez pas refuser un malade en situation d’urgence extrême. Vous ne pouvez pas dire : “Il n’a pas d’argent” et laisser le malade mourir. Vous êtes coupables », a-t-il déclaré.

Cette mesure pose toutefois une question essentielle : comment garantir la gratuité ou l’accès immédiat aux soins d’urgence sans fragiliser davantage des hôpitaux déjà confrontés à des difficultés de financement ? Le ministre reconnaît lui-même que les médecins doivent être rémunérés, que les médicaments doivent être achetés et que le fonctionnement des établissements de santé nécessite des ressources.

C’est dans cette logique que le gouvernement mise sur la mise en œuvre de l’assurance maladie obligatoire. Selon le ministre, le dispositif, déjà inscrit dans la loi, doit permettre de mieux financer les soins et de prendre progressivement en charge les dépenses liées aux prestations médicales.

Le gouvernement prévoit également de renforcer l’approvisionnement en médicaments à travers l’Agence nationale du médicament (ANAMED). L’objectif est notamment de procéder à des achats en gros, à moindre coût, tout en garantissant la traçabilité et la qualité des produits pharmaceutiques.

Le ministre affirme par ailleurs que la taxe destinée à la promotion de la santé doit contribuer au financement de ce nouveau modèle. L’enjeu sera donc de transformer ces mécanismes en ressources effectivement disponibles pour les hôpitaux, afin que l’interdiction de refuser un patient en urgence puisse être appliquée dans la pratique.

À travers ces réformes, le gouvernement cherche ainsi à déplacer la question du paiement : en situation d’urgence, le premier réflexe de l’hôpital doit être de sauver le patient, et non de vérifier immédiatement s’il dispose de l’argent nécessaire.

« Quelqu’un qui arrive à l’hôpital est soigné avant de se poser la question : est-ce qu’il est capable de payer ? », a résumé le ministre.

Mardi 11 août 2026 - 15:31