Par Serge Mavungu
La République démocratique du Congo estime à environ 192 millions de dollars américains le coût global du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), lancé après plusieurs décennies d’attente.
L’information a été donnée, ce lundi 28 septembre 2026, lors d’un briefing de presse consacré à l’état d’avancement de la préparation de cette opération, animé par le ministre d'État, ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, et son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Ce dernier a assuré que les Congolais vivant dans les zones sous occupation étaient également concernés par le recensement.
Placée sous le thème « RGPH-2, 42 ans après : où en est-on avec la préparation du recensement et comment la population peut-elle y contribuer ? », la rencontre a notamment permis de revenir sur le lancement de la phase de cartographie censitaire.
Cette étape constitue une phase préparatoire essentielle au recensement. Elle doit permettre de répertorier les localités, d’actualiser les informations disponibles et surtout de déterminer les aires de dénombrement dans lesquelles seront déployés les agents recenseurs.
Selon les explications fournies par le ministre d'État Guylain Nyembo, un travail préalable a déjà été réalisé à partir des cartes et données disponibles. Les cartographes sont désormais déployés sur le terrain afin de vérifier, confirmer et actualiser ces informations.
La cartographie permettra notamment de disposer d’une estimation plus précise du nombre de villages et de la population concernée. Les données actuellement disponibles font état d’environ 130 000 villages, un chiffre présenté comme provisoire et susceptible d’être ajusté au terme du travail de terrain.
Une opération à forte mobilisation logistique
Le coût annoncé de 192 millions USD doit couvrir les différentes composantes du processus, notamment la mobilisation du personnel, la logistique, les équipements ainsi que les outils technologiques nécessaires à la collecte et au traitement des données.
La technologie occupe une place importante dans cette opération. Les cartographes et, ultérieurement, les agents recenseurs seront notamment équipés de tablettes afin de faciliter la collecte, la transmission et le traitement des informations recueillies sur le terrain.
Le processus prévoit également le recrutement de personnel au niveau local. Les responsables du projet ont insisté sur la nécessité de mobiliser des jeunes issus des milieux concernés, qui connaissent les réalités de leurs zones d’intervention. Ce choix doit notamment faciliter le travail des équipes et l’appropriation de l’opération par les communautés.
Plusieurs étapes avant les résultats
La cartographie constitue l’une des principales phases préparatoires du RGPH-2. Elle sera suivie par d’autres étapes, notamment la formation des agents, les opérations de dénombrement, le contrôle de la qualité des données, leur traitement et leur analyse.
Après Kinshasa, le calendrier présenté prévoit la poursuite de la cartographie dans les provinces jusqu’à la fin de l’année, avec des activités pouvant se prolonger jusqu’au début de 2027. Des mécanismes de suivi et de contrôle sont également prévus afin d’évaluer régulièrement l’évolution des opérations.
La phase d’analyse des données interviendra après les opérations de terrain, avec pour objectif final la publication des résultats nationaux.
Les autorités misent sur la sensibilisation
Au-delà des aspects techniques et financiers, les responsables du processus insistent sur la participation de la population. Les autorités provinciales et locales, les chefs communautaires et religieux ainsi que différents relais sociaux doivent être associés à la sensibilisation.
L’objectif est de permettre à la population de mieux comprendre l’importance du recensement et de favoriser sa participation aux différentes étapes de l’opération.
Le RGPH-2 doit ainsi permettre à la RDC de disposer de données démographiques actualisées, nécessaires notamment à la planification du développement et à l’élaboration des politiques publiques dans les domaines sociaux, économiques et environnementaux.
Quarante-deux ans après le précédent recensement général, le processus entre ainsi dans une nouvelle phase, avec un coût global annoncé de 192 millions de dollars américains et la volonté affichée d’inclure l’ensemble de la population congolaise, y compris celle vivant dans les zones actuellement sous occupation.