Par Serge Mavungu
La situation de plusieurs maladies épidémiques continue de mobiliser les autorités sanitaires en République démocratique du Congo. La maladie à virus Ebola, le choléra et la rougeole ont notamment été examinés lundi 28 septembre à Kinshasa lors de la réunion hebdomadaire de coordination stratégique présidée par le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi.
À la 38ᵉ semaine épidémiologique, l’épidémie d’Ebola reste particulièrement préoccupante. Le cumul dépasse désormais 8 000 cas, pour plus de 3 900 décès et une létalité estimée à 48,4 %. Plus de 2 070 personnes ont, en revanche, été déclarées guéries.
L’épidémie est actuellement signalée dans 63 zones de santé réparties dans sept provinces. Le suivi des contacts atteint 75 %.
Malgré ces chiffres, certains indicateurs laissent entrevoir une évolution favorable de la transmission. Le taux de reproduction inférieur à 1 constitue notamment, selon le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, un signal d’inflexion de la dynamique épidémique. Les équipes de riposte restent toutefois mobilisées pour maintenir cette tendance et éviter une nouvelle progression de la maladie.
Les personnels de première ligne sous surveillance
La protection des personnels de première ligne (PPL) figure parmi les préoccupations soulevées au cours de la réunion. Des contaminations étant encore enregistrées dans cette catégorie, les autorités sanitaires souhaitent mieux identifier les circonstances et les facteurs à l’origine de ces expositions.
L’objectif est de renforcer les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures de soins, tout en améliorant la protection des professionnels appelés à prendre en charge les patients.
La réunion a également insisté sur l’orientation des personnes suspectes ou confirmées vers les structures spécifiquement dédiées à la prise en charge d’Ebola. Cette organisation doit permettre de limiter les risques de transmission dans les établissements de santé et de garantir une prise en charge adaptée.
Choléra : la Tshuapa sous vigilance
Le choléra connaît également une évolution suivie de près par les autorités. Près de 2 300 cas ont été rapportés à la 38ᵉ semaine, soit une progression par rapport à la semaine précédente.
La province de la Tshuapa fait l’objet d’une attention particulière. Une embarcation en provenance de Kinshasa a notamment été placée sous surveillance après la détection de cas suspects. Six décès ont été rapportés et une quarantaine de personnes suspectes font l’objet d’une prise en charge et d’un suivi.
Dans la zone de santé de Bokungu, les équipes sanitaires ont été mobilisées pour renforcer la surveillance épidémiologique, assurer la prise en charge des cas et limiter la propagation de la maladie.
Au Sud-Kivu, où des cas continuent également d’être notifiés, les autorités envisagent par ailleurs une campagne de vaccination réactive dans les zones de santé de Shabunda et Mulungu.
Rougeole : les cas en baisse, mais des foyers restent sous surveillance
La rougeole affiche, pour sa part, une évolution à la baisse au niveau national. Environ 790 cas ont été enregistrés durant la 38ᵉ semaine, soit une diminution de 16 % par rapport à la semaine précédente.
Cette amélioration ne met toutefois pas fin à la vigilance. Au Tanganyika, notamment, les données font état d’une tendance à la hausse. Une campagne de vaccination est ainsi envisagée avec l’appui des partenaires afin de renforcer la couverture vaccinale et de réduire le risque de propagation.
À la Tshuapa, la réouverture d’une école se prépare
La situation sanitaire dans la Tshuapa a également été évoquée au cours de la réunion. La fermeture temporaire d’un établissement scolaire fait l’objet d’un suivi particulier.
Le directeur général de l’INSP a indiqué que cette mesure devait permettre la décontamination de l’établissement avant sa réouverture et la reprise des cours dans des conditions sanitaires appropriées.
La coordination stratégique entend ainsi maintenir une surveillance rapprochée des principales menaces épidémiques, tout en renforçant la prise en charge des malades, la protection des personnels de santé et les mesures de prévention et de contrôle des infections.