Dialogue national en RDC : « Le temps ne joue pas en faveur de la République », Joseph Olenghankoy sollicite davantage de gestes de décrispation

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Joseph Olenghankoy,  président du CNSA
Joseph Olenghankoy, président du CNSA

Par Prosper Buhuru

Alors que la crise sécuritaire et humanitaire se prolonge en République démocratique du Congo, Joseph Olenghankoy appelle les acteurs politiques et sociaux à adopter des positions susceptibles de favoriser davantage la décrispation et l’ouverture d’un véritable dialogue national.

Dans une communication parvenue à Opinion-info.cd ce vendredi 21 août 2026, le président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) estime que la recherche de la paix doit se traduire par des actes concrets, au-delà des discours politiques.

Joseph Olenghankoy insiste notamment sur le respect de la Déclaration de principes relative au cessez-le-feu signée à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Selon lui, le respect de cet engagement constitue une condition importante pour instaurer un climat de confiance avant l’ouverture des discussions.

L’objectif, insiste-t-il, doit être de réunir toutes les composantes de la société congolaise autour d’une même table, sans exclusion. Il appelle ainsi à rechercher collectivement des solutions à une crise qu’il décrit comme « multiforme et multidimensionnelle ».

« Permettre à tous les fils et filles du Congo de s’asseoir autour d’une même table, sans exclusion aucune », a-t-il déclaré, appelant à privilégier l’intérêt supérieur de la République.

Le président du CNSA souligne, par ailleurs, l’impatience suscitée par le dialogue annoncé par le chef de l’État. Lors de son récent séjour au Gabon, Félix Tshisekedi avait annoncé une prochaine adresse à la nation destinée à préciser les contours de ce processus.

Pour Joseph Olenghankoy, l’urgence est d’autant plus grande que la crise s’inscrit dans la durée, avec son lot de pertes humaines et un coût financier important pour l’État.

« Le temps ne joue pas en faveur de la République », prévient-il.

Dans cette perspective, il plaide également pour la poursuite de la décrispation politique. Parmi les mesures susceptibles de rétablir la confiance, il cite notamment la libération des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que la facilitation du retour des exilés politiques.

Cette demande intervient alors que des gestes de décrispation ont déjà été posés par le pouvoir. Le retour du passeport à Olivier Kamitatu, figure de l’opposition proche de Moïse Katumbi, ainsi que la libération récente du député et acteur politique de l’opposition Mike Mukebayi s’inscrivent notamment dans cette dynamique.

D’aucuns estiment que la poursuite de tels gestes, combinée au respect du cessez-le-feu et à une volonté politique réelle, pourrait contribuer à créer les conditions nécessaires à un dialogue national ouvert à toutes les composantes du pays.

Vendredi 21 août 2026 - 09:34