Par Prosper Buhuru
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a engagé une procédure judiciaire aux États-Unis pour contester les sanctions prises contre lui par le département du Trésor américain. Selon Jeune Afrique, la plainte a été déposée le 4 août 2026 devant la Cour fédérale du district de Columbia par son avocat, Erich Ferrari.
La démarche vise l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme du Trésor américain chargé de l’application des sanctions, ainsi que son directeur, Bradley T. Smith. La procédure demande à la justice américaine de remettre en cause la décision de l’administration américaine.
Les sanctions avaient été annoncées le 30 avril par Washington. L’OFAC accuse Joseph Kabila d’avoir apporté un soutien matériel et financier à l’AFC et au M23 et de chercher à déstabiliser le gouvernement congolais. Ces mesures entraînent notamment le gel des biens et intérêts relevant de la juridiction américaine.
Dans sa plainte, la défense de l’ancien chef de l’État congolais conteste les fondements de cette désignation. Elle estime que les accusations américaines sont trop générales et que l’OFAC n’aurait pas suffisamment démontré, par des faits précis, l’aide substantielle ou le soutien financier, matériel ou technologique qui lui sont reprochés.
L’avocat Erich Ferrari est spécialisé dans les questions liées aux sanctions américaines et intervient régulièrement devant l’OFAC et les juridictions fédérales. Son cabinet indique notamment avoir déjà représenté des responsables congolais dans des procédures visant leur inscription sur les listes de sanctions américaines.
Cette action ouvre ainsi un nouveau front dans le bras de fer entre Joseph Kabila et Washington. Plutôt que de se limiter à une contestation politique des sanctions, l’ancien président cherche désormais à obtenir leur réexamen par la voie judiciaire américaine.
La plainte constitue donc une étape importante dans sa stratégie de défense. Son issue pourrait déterminer si les arguments avancés par son équipe juridique suffiront à remettre en cause la décision de l’administration américaine.