Par Patrick Kitoko
Le verdict dans l’affaire opposant la chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, alias Rebo Tchulo, au ministère public ne sera finalement pas rendu ce jeudi 20 août 2026. Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a renvoyé le prononcé au jeudi 27 août, en raison de l’indisponibilité de certains juges pour des raisons de santé. La chanteuse, qui n’était pas présente à l’audience de ce jeudi, devra donc patienter encore une semaine avant de connaître la décision de la juridiction militaire.
L’affaire remonte au 19 avril 2026, lorsqu’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux a montré un homme soumis à des violences physiques par des militaires, dans la résidence de Rebo Tchulo, à Kinshasa. Les images avaient suscité une vive indignation et conduit les autorités judiciaires à ouvrir une enquête.
Selon les éléments rapportés au cours de la procédure, l’homme concerné était présenté comme un présumé voleur. L’enquête militaire s’est notamment intéressée aux circonstances dans lesquelles il avait été amené à la résidence de la chanteuse et au rôle joué par les militaires impliqués. Au fil de la procédure, Rebo Tchulo a été renvoyée devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema pour répondre principalement de l’accusation d’incitation de militaires à commettre des actes contraires à leurs devoirs et à la discipline militaire.
Plusieurs militaires sont, eux, poursuivis pour différents faits présumés, notamment la torture, l’extorsion, la concussion et la violation des consignes.
Il convient toutefois de préciser que les sources consultées ne permettent pas d’établir que Rebo Tchulo aurait été arrêtée dans le cadre de cette affaire. Elle a comparu devant la justice militaire en qualité de prévenue et a plaidé non coupable.
Après plusieurs semaines d’audiences et la clôture des débats, le ministère public a présenté son réquisitoire. Le parquet militaire a requis contre Rebo Tchulo 14 mois de servitude pénale principale pour l’infraction d’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
La partie civile a, pour sa part, sollicité la condamnation de la chanteuse au paiement de 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts.
Ces réquisitions ne constituent toutefois pas une condamnation. Il revient au tribunal d’apprécier les éléments présentés par l’accusation, les arguments de la défense ainsi que les autres pièces du dossier avant de rendre sa décision.
Tout au long du procès, la défense de Rebo Tchulo a contesté les accusations portées contre sa cliente et plaidé son acquittement. L’affaire a notamment porté sur l’interprétation de la vidéo devenue virale et sur le rôle exact attribué à la chanteuse dans les violences infligées au présumé voleur.
Le tribunal avait initialement annoncé son jugement pour le 20 août 2026, après la fin des plaidoiries. Mais l’absence de certains juges, pour des raisons de santé, a finalement contraint la juridiction à reporter le prononcé. Le nouveau rendez-vous judiciaire est donc fixé au 27 août 2026.
Cette nouvelle date devrait permettre au Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema de trancher sur la responsabilité pénale de Rebo Tchulo dans cette affaire qui, depuis la diffusion de la vidéo en avril, a largement dépassé le seul cadre du monde musical pour devenir un dossier judiciaire fortement suivi par l’opinion publique congolaise.