Par Gloire Balolage
La société civile de l’Ituri hausse le ton face à la persistance de la crise humanitaire dans la province. Son coordonnateur provincial, Dieudonné Lossa, appelle les autorités à renforcer l’assistance en faveur des populations affectées par les violences armées, notamment dans les domaines de l’alimentation, du logement et de la santé. Pour cette structure citoyenne, les difficultés vécues par les déplacés restent importantes et nécessitent des réponses concrètes, alors que certaines personnes passent plusieurs années loin de leurs villages d’origine.
À Mambasa, la société civile met particulièrement en avant la situation de plus de 1 500 personnes issues de la communauté pygmée. Selon Dieudonné Lossa, ces personnes vivent actuellement sans nourriture suffisante ni logements adéquats. À cette situation s’ajoutent d’autres populations du territoire de Mambasa ayant fui les exactions des ADF, ainsi que des personnes qui vivent depuis huit à dix ans dans des sites de déplacés. La société civile estime que cette réalité traduit la persistance de besoins humanitaires auxquels les réponses apportées restent insuffisantes.
Pour Dieudonné Lossa, la situation est d’autant plus préoccupante que les populations déplacées continuent de vivre dans la précarité, alors que leur souhait demeure de retrouver leurs villages et d’y vivre en sécurité. Il considère que l’assistance humanitaire ne peut constituer une réponse définitive à une crise qui s’inscrit dans la durée. La société civile souhaite donc voir les conditions sécuritaires rétablies afin de permettre aux personnes contraintes de fuir les violences de retourner volontairement et durablement dans leurs milieux d’origine.
La question de l’accès aux soins constitue également une source de préoccupation pour la société civile provinciale. Elle dénonce notamment le retard dans la mise en œuvre de la gratuité des soins annoncée par le gouvernement congolais dans les zones affectées par la maladie à virus Ebola. Selon Dieudonné Lossa, cette mesure avait été annoncée depuis juin par le ministère de la Santé, mais n’était toujours pas effective au 19 août, alors que la province reste confrontée à l’épidémie.
Le coordonnateur provincial de la société civile s’interroge ainsi sur les raisons de ce retard et demande que la décision annoncée soit effectivement appliquée. Pour lui, l’annonce de la gratuité des soins doit être suivie de mesures concrètes permettant aux populations concernées d’en bénéficier. La société civile estime que cette prise en charge serait particulièrement importante pour les personnes vulnérables, dans un contexte où l’épidémie d’Ebola vient s’ajouter aux difficultés humanitaires déjà existantes.
Mais pour la société civile de l’Ituri, l’aide humanitaire et l’accès aux soins ne peuvent être dissociés de la question sécuritaire. Elle estime que le retour des déplacés reste difficile tant que les zones affectées par les violences ne réunissent pas les conditions nécessaires à leur sécurité. L’amélioration durable de la situation humanitaire passe donc, selon cette structure citoyenne, par des efforts visant également à restaurer la paix et à permettre aux populations de retrouver leurs villages sans craindre de nouvelles violences.
La société civile appelle enfin les autorités à concrétiser leurs différents engagements en faveur des populations affectées par les conflits. Elle plaide pour une assistance renforcée en matière de nourriture et d’abris, une mise en œuvre effective de la gratuité des soins annoncée dans les zones touchées par Ebola et une amélioration de la sécurité. Pour cette structure, l’enjeu est à la fois de répondre aux besoins immédiats des déplacés et de créer les conditions d’un retour volontaire, sécurisé et durable dans leurs communautés d’origine.