Ebola en RDC : Jean Kaseya annonce près de 700 millions USD mobilisés pour soutenir la riposte contre l’épidémie

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Le directeur général de Africa CDC, Jean Kaseya [photo d'illustration]
Le directeur général de Africa CDC, Jean Kaseya [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Près de 700 millions de dollars américains sont désormais mobilisés pour soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a indiqué que 452 millions USD avaient déjà été débloqués par les partenaires, auxquels s’ajoutent 242 millions USD annoncés par les États-Unis le 5 août.

Cette mobilisation financière intervient alors que l’épidémie continue de s’étendre à plusieurs provinces du pays. Invité, mercredi 19 août, dans le Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Jean Kaseya a insisté sur la gravité de la situation épidémiologique. Il a rappelé avoir, dès le début de la flambée, alerté sur son caractère à la fois « sérieux » et « régional », alors qu’il faisait, selon lui, l’objet d’accusations d’« exagération ». Pour le responsable d’Africa CDC, l’évolution enregistrée depuis les premières alertes confirme la nécessité d’une réponse à la hauteur de l’ampleur de la menace.

La progression de la maladie illustre, selon Jean Kaseya, la rapidité avec laquelle le virus s’est propagé. L’épidémie, qui concernait initialement une seule province et deux zones de santé, touche désormais six provinces et 56 zones de santé. Face à cette extension, le directeur général d’Africa CDC appelle à la mise en œuvre d’« actions courageuses et appropriées » afin de parvenir à contenir la flambée.

Le dernier rapport de l’Institut national de santé publique, arrêté au 18 août, fait état de 5 208 cas confirmés et de 2 476 décès, soit un taux de létalité de 47,5 %. Ces chiffres traduisent la persistance d’une forte mortalité liée à l’épidémie, alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte dans les différentes zones touchées.

Jean Kaseya a également exprimé des réserves sur le calendrier de la déclaration officielle de l’épidémie. Il estime que celle-ci est intervenue avec plusieurs semaines de retard, après une période au cours de laquelle le virus aurait circulé silencieusement. Selon son analyse, entre le 15 mai et le 15 août, l’épidémie aurait déjà provoqué environ 5 000 cas et près de 2 400 décès. Il estime par ailleurs que si une transmission non détectée entre février et mai était prise en compte, ces chiffres pourraient être « doublés ou triplés ».

À cette difficulté s’ajoutent les problèmes sécuritaires qui compliquent les opérations de riposte. Le directeur général d’Africa CDC a notamment évoqué une attaque armée contre son équipe près de Bunia. Il a également souligné la défiance d’une partie des populations locales, confrontées à d’autres urgences humanitaires qu’elles considèrent comme prioritaires. Jean Kaseya a aussi reconnu certaines faiblesses dans le dispositif de riposte, précisant notamment que l’Incident Manager chargé de la coordination avait dû être remplacé.

Sur la question des relations entre les autorités congolaises et les partenaires internationaux, Jean Kaseya a également livré une appréciation critique. Interrogé sur les accusations portées par le gouvernement contre certains partenaires engagés dans la riposte, il a qualifié cette posture de « peu responsable ». Il a plutôt plaidé pour davantage d’autocritique et un renforcement de la coordination sous l’impulsion du gouvernement, estimant que la recherche de boucs émissaires ne constitue pas une réponse appropriée face à l’ampleur de la crise.

Pour Jean Kaseya, l’évolution de la flambée, son extension géographique, le nombre de cas et de décès, ainsi que les difficultés sécuritaires et opérationnelles imposent une réponse renforcée. Avec près de 700 millions de dollars annoncés ou mobilisés pour la riposte, les partenaires disposent désormais d’importantes ressources financières, alors que l’épidémie continue de mettre à l’épreuve le dispositif sanitaire congolais. L’appel du directeur général d’Africa CDC reste centré sur la nécessité d’actions « courageuses et appropriées » pour tenter d’endiguer sa progression.

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Jeudi 20 août 2026 - 13:53