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Est de la RDC : avec 247 incidents sécuritaires en juillet, Ebuteli constate une baisse des combats mais un record d’enlèvements [Rapport]

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Des soldats du M23-AFC [photo d'illustration]
Des soldats du M23-AFC [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Le mois de juillet 2026 a été marqué par une baisse du nombre d’affrontements armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un rapport d’Ebuteli basé sur les données du Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker - KST). Au total, 247 incidents sécuritaires ont été documentés en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, soit une diminution de 30 % par rapport à la moyenne mensuelle enregistrée depuis la reprise du suivi en octobre 2025.

Cette baisse s’accompagne toutefois d’une évolution préoccupante : les enlèvements ont atteint un niveau record, avec une hausse de 41 %, traduisant un déplacement de la violence des combats vers les atteintes directes aux civils.

Le Mouvement du 23 mars (M23) concentre à lui seul près de la moitié des civils enlevés au cours du mois, soit 93 personnes sur les 203 recensées. D’importants enlèvements collectifs ont été documentés à Goma et dans le territoire de Rutshuru. Dans la zone frontalière de la chefferie de Kakwa, en Ituri, les Forces armées sud-soudanaises (South Sudan People’s Defence Forces, SSPDF), qui effectuent des incursions en territoire congolais, ont pour leur part enlevé 11 personnes lors d’un seul incident.

La situation est particulièrement préoccupante concernant les Forces démocratiques alliées (Allied Democratic Forces, ADF). Alors que peu d’affrontements impliquant ce groupe ont été documentés en juillet, ses attaques meurtrières contre les civils se sont réintensifiées. Le territoire de Mambasa, en Ituri, est devenu le principal foyer de leur activisme, avec 49 des 114 tueries attribuées aux ADF durant le mois. Le rapport relève également que le groupe évite de nouveau la confrontation directe, alors qu’aucune offensive ciblant les ADF n’a été enregistrée depuis la reconfiguration du commandement des opérations _Shujaa_ en juin 2026.

Plusieurs attaques illustrent cette intensification de la violence contre les civils. Le 15 juillet, 14 personnes ont été tuées par des combattants ADF au village de Kalunga, dans la commune rurale de Mangina, en territoire de Beni. Le 21 juillet, 12 civils ont été tués lors d’une incursion au village de Makumo, dans le territoire de Lubero, avant le pillage et l’incendie de maisons de commerce.

Le lendemain, 18 civils, dont cinq garçons, ont été tués à Mununzei, dans le territoire de Beni. Le même groupe a ensuite attaqué Njiapanda, sur l’axe Makumo-Mangina, dans le territoire de Mambasa, où 18 civils ont également été tués. Le 31 juillet, dix personnes ont encore perdu la vie lors d’une attaque contre le site minier de Mungu Iko, dans le groupement Teturi, à Mambasa.

En Ituri, cette baisse générale de l’activisme des principaux groupes armés ne signifie pas pour autant un retour à la sécurité. La Convention pour la révolution populaire (CRP) et la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), deux groupes historiquement très actifs et rivaux dans la province, sont en retrait depuis plusieurs semaines.

La CRP, qui avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral le 14 mai 2026 pour favoriser l’ouverture de pourparlers avec le gouvernement, n’a fait l’objet d’aucun incident documenté par le KST en juillet. De même, aucun affrontement impliquant la Codeco n’a été documenté durant cette période, même si des pillages et braquages lui ont été attribués.

Dans les zones frontalières de l’Ituri, l’activisme des SSPDF ainsi que l’absence d’autorité de l’État continuent cependant de contribuer à l’insécurité. Le 1er juillet, 11 personnes ont été enlevées au village de Liga, dans la chefferie de Kakwa, après que sept autres personnes eurent été enlevées la veille dans la même localité et conduites vers le Soudan du Sud.

Le sort de ces otages demeurait inconnu au moment de la rédaction du rapport. D’autres incidents ont également été signalés, notamment l’assassinat d’un commerçant ougandais à Adomi et une incursion attribuée au National Salvation Front (NSF), une rébellion sud-soudanaise, au village d’Arile, où des biens ont été emportés et trois hommes blessés, dont deux sont décédés.

Dans les zones sous contrôle et influence du M23, le mois de juillet a surtout été marqué par une multiplication des enlèvements et des atteintes directes aux civils, plutôt que par des offensives visant une expansion territoriale. À Goma, au moins 33 personnes ont été enlevées le 1er juillet après avoir célébré publiquement un but des Léopards de la RDC, alors que le M23 avait interdit les attroupements et célébrations durant la Coupe du monde.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, au moins 50 autres personnes ont été interpellées pour ne pas avoir participé à une marche organisée par la rébellion contre les sanctions de l’ONU. À Minova, huit jeunes, dont le président du Réseau de protection et de plaidoyer de Minova, ont également été enlevés le 20 juillet.

Malgré cette baisse des affrontements, le rapport souligne que le M23 n’a pas abandonné son activité militaire. Le territoire de Rutshuru a concentré 15 des 31 combats initiés par la rébellion en juillet, principalement contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et leurs alliés. Plusieurs affrontements ont opposé les deux camps à Kirumba, dans le groupement Bambu, secteur de Bwito.

Le 22 juillet, des combats ont également opposé le M23 aux FDLR et au Collectif des mouvements pour le changement/Forces de défense du peuple (CMC/FDP), faisant plusieurs morts et provoquant la fuite de civils. Pour Ebuteli, la tendance observée en juillet peut ainsi être décrite comme une « pause offensive » accompagnée d’une « bascule vers la prédation », plutôt que comme un désengagement militaire.

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Mercredi 19 août 2026 - 16:23