Par Gloire Balolage
La sécurité des journalistes face aux risques physiques et numériques est au cœur d’une session spéciale de formation organisée depuis ce mercredi 19 août par Journaliste en danger (JED), avec l’appui de Reporters sans frontières Suède. Des journalistes et responsables des médias prennent part à cette initiative destinée à renforcer leurs capacités en matière de protection et de professionnalisme dans l’exercice de leur métier.
Prévue pour deux jours, du 19 au 20 août, cette session outille les participants sur les techniques permettant de se protéger physiquement, de sécuriser leurs données et leur matériel, mais aussi de mieux utiliser les outils numériques. Une attention particulière est également accordée à l’intelligence artificielle et à son utilisation dans le cadre professionnel, notamment en lien avec la sécurité et le travail journalistique.
Les différentes matières sont dispensées par Donat Mbaya Tshimanga, président de JED, expert en sécurité numérique et certifié en intelligence artificielle. La formation vise ainsi à permettre aux journalistes et responsables des médias de mieux comprendre les risques auxquels ils peuvent être exposés dans l’exercice de leurs fonctions et les moyens à mettre en œuvre pour assurer leur protection.
Une vingtaine de bénéficiaires participent à cette session. À son terme, ils devront être en mesure de faire face au cyberharcèlement et aux menaces ciblées, mais également de mieux préparer une mission dans une zone à risque. La formation porte aussi sur les dispositions à prendre pour rester physiquement aptes à assurer la couverture des événements, y compris dans des contextes présentant des risques.
À l’ouverture de la session, le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, a insisté sur la nécessité de garantir des conditions permettant aux journalistes d’exercer leur profession sans être placés dans une situation d’instabilité. Selon lui, la protection du professionnel doit rester une priorité dans l’exercice du métier, car « aucun reportage ne vaut la vie ».
Cette formation réunit également des journalistes et responsables des médias venus de l’est de la République démocratique du Congo, notamment de Goma, Bukavu et Masisi. Une douzaine d’entre eux vivent actuellement en déplacement à Kinshasa à la suite de la guerre, ce qui donne à cette session une dimension particulière au regard des réalités auxquelles les professionnels des médias sont confrontés.
À travers ces 48 heures de formation, JED entend donc renforcer les capacités des professionnels des médias dans plusieurs domaines liés à leur sécurité et à leur travail : de la protection physique et numérique à la sécurisation des équipements, en passant par l’usage professionnel de l’intelligence artificielle. Les participants sont appelés à mettre à profit ces connaissances pour mieux se protéger tout en poursuivant leur travail de couverture et d’information.