Par Patrick Kitoko
La question de l'identité et de l'appartenance à la Nation congolaise continue d'alimenter le débat politique.
Dans un contexte marqué par la passe d'armes entre le Secrétaire général de l'UDPS, Augustin Kabuya, et l'opposant Martin Fayulu autour des Banyamulenge, le président de l'UNC, Vital Kamerhe, prend position au nom de l'unité nationale.
Dans un message publié sur son compte X, le leader de l'Union pour la Nation Congolaise (UNC) affirme que son parti demeure « profondément attaché aux valeurs républicaines » et ne saurait « composer avec quelque forme de discrimination que ce soit ».
Vital Kamerhe insiste sur la conception de la nation défendue par sa formation:
> « À l'UNC, nous n'avons qu'une seule tribu: celle de la grande Nation congolaise, forte de son unité et riche de sa diversité. »
Une polémique qui ravive les tensions identitaires
Sans citer nommément Martin Fayulu ni Augustin Kabuya, cette prise de position intervient alors que la controverse sur les Banyamulenge s'est invitée au cœur du débat public.
Tout est parti des propos tenus par Martin Fayulu lors d'une conférence à Bruxelles. L'opposant y a contesté l'existence des Banyamulenge comme tribu congolaise, en s'appuyant sur des considérations linguistiques et historiques. Des déclarations qui ont suscité une vague de réactions, notamment au sein de la communauté concernée.
En réponse, Augustin Kabuya a fermement rejeté cette lecture. Lors d'une activité politique à Kinshasa, le Secrétaire général de l'UDPS a défendu l'appartenance des Banyamulenge à la Nation congolaise et a mis en garde contre les discours stigmatisants, rappelant la présence de membres de cette communauté dans les institutions de la République.
Kamerhe prône l'unité au-dessus des clivages
C'est dans ce climat particulièrement sensible, sur fond de crise sécuritaire dans l'Est du pays et de débats récurrents sur la nationalité, que la sortie de Vital Kamerhe prend une portée particulière.
En affirmant qu'à l'UNC il n'existe qu'une seule « tribu », l'ancien président de l'Assemblée nationale place l'unité nationale au-dessus des considérations ethniques. Sur le principe, sa position rejoint celle défendue par Augustin Kabuya: l'identité communautaire ne saurait être un critère d'exclusion de la communauté nationale.
Mais le message de Kamerhe va au-delà du seul dossier Banyamulenge. Il réaffirme une vision républicaine fondée sur la coexistence pacifique des communautés qui composent la RDC, dans un pays où les questions identitaires ont trop souvent été instrumentalisées à des fins politiques.
À travers cette formule choc, le président de l'UNC lance ainsi un appel à la responsabilité des acteurs politiques dans le choix de leurs mots. Un rappel que la diversité, dans un pays-continent comme la RDC, ne devrait jamais constituer une frontière entre citoyens.