Par Patrick Kitoko
La jeunesse congolaise entend peser dans les grands débats sur l'avenir institutionnel du pays. Réunis ce samedi 5 septembre 2026 au terrain Goshen, dans la commune de Maluku, plusieurs centaines de jeunes ont répondu à l'appel du mouvement « La Jeunesse Parle », conduit par son coordonnateur Serge Etinkum Anza. Au centre des échanges : le dialogue national, mais surtout la question du changement de la Constitution.
La mobilisation était visible, ce samedi 5 septembre 2026, à Maluku. À l'initiative de « La Jeunesse Parle », les jeunes se sont retrouvés autour d'une campagne de sensibilisation consacrée aux principaux enjeux politiques et institutionnels qui se posent à la République démocratique du Congo.
Prenant la parole devant les participants, Serge Etinkum Anza a clairement affiché la position de sa structure sur le processus constitutionnel. « La Jeunesse Parle » dit oui au changement de la Constitution, estimant que la jeunesse doit être associée à la réflexion et à l'élaboration du futur cadre institutionnel du pays.
Pour le coordonnateur de cette plateforme, il ne s'agit pas pour les jeunes de rester de simples spectateurs d'un processus qui engage leur avenir. Ils doivent, au contraire, prendre une part active aux discussions devant conduire à une éventuelle nouvelle Constitution.
L'objectif affiché est ainsi de faire de la jeunesse une actrice majeure de la refondation institutionnelle, plutôt qu'une catégorie appelée uniquement à accompagner les décisions prises par les responsables politiques.
Un « oui » assumé au changement constitutionnel

À Maluku, Serge Etinkum Anza n'a pas seulement plaidé pour la participation des jeunes au débat constitutionnel. Il a également réaffirmé sans ambiguïté son soutien au changement de la Constitution. Selon la logique défendue par « La Jeunesse Parle », une nouvelle Constitution devrait notamment mieux prendre en compte les aspirations de la jeunesse et lui garantir une place plus importante dans la gestion de la chose publique.
Cette position s'inscrit dans la continuité de l'engagement de la structure, qui s'était notamment fait connaître à travers ses activités autour de la question constitutionnelle. Pour ses animateurs, le débat sur la Constitution ne doit pas être confiné aux institutions ou aux seuls acteurs politiques. Il doit également être porté auprès de la population, particulièrement auprès des jeunes, qui constituent une composante majeure de la société congolaise.
« Oui » au dialogue, mais pas à l'impunité
L'autre sujet majeur abordé au cours de cette rencontre a été celui du dialogue national voulu par le président Félix-Antoine Tshisekedi. Serge Etinkum Anza a réaffirmé la position favorable de « La Jeunesse Parle » à ce dialogue, qu'il présente comme une opportunité pour les Congolais de réfléchir ensemble à l'avenir du pays. Mais ce soutien est assorti d'une réserve clairement exprimée. Pour le responsable de la plateforme, le dialogue ne doit pas servir de cadre à la réhabilitation ou à la promotion de ceux qu'il considère comme des « oppresseurs et ennemis de la République ». Autrement dit, « La Jeunesse Parle » se dit favorable à une démarche de concertation nationale, à condition que celle-ci soit orientée vers la paix, la cohésion nationale et la recherche de solutions aux problèmes qui affectent le pays.

La jeunesse appelée à prendre ses responsabilités
La forte présence des jeunes au terrain Goshen est présentée par les organisateurs comme un signal de leur volonté de s'approprier les grandes questions nationales. À travers cette campagne, « La Jeunesse Parle » entend poursuivre son travail de sensibilisation auprès des jeunes, notamment sur le dialogue national et les enjeux constitutionnels.
Pour Serge Etinkum Anza, l'avenir de la RDC ne peut se construire sans l'implication de sa jeunesse. La mobilisation de Maluku apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la volonté du mouvement de porter la voix des jeunes dans le débat public.
Entre soutien au dialogue national et « oui » assumé au changement de la Constitution, « La Jeunesse Parle » veut désormais faire entendre une revendication centrale : que la jeunesse congolaise ne soit plus une simple spectatrice des transformations institutionnelles, mais qu'elle participe directement à la définition du Congo de demain.