Par la Rédaction
Le climat des affaires au cœur d'une nouvelle polémique dans le Haut-Katanga. Le gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, est accusé d'avoir évincé des investisseurs chinois concessionnaires de la route de contournement de Likasi, au nom du chef de l'État.
Selon les informations parvenues à Opinion-Info.cd, les faits remontent à une invitation lancée par le ministre national des Infrastructures à la province et aux responsables de la société Congo Corporation International (CCI) pour clarifier la gestion des recettes de cette infrastructure. Une réunion à laquelle les investisseurs n'ont finalement pas pris part, après avoir été, selon plusieurs sources, chassés par l'autorité provinciale intérimaire.

Un contrat de 63 millions de dollars sur 23 ans
La route concernée est identifiée dans l'annexe de l'arrêté du ministre des Infrastructures du 5 août 2025, au point 112, sous la dénomination BULUO - LWAMBO, classifiée comme route d'intérêt national.
Aux termes de l'Avenant n°01 à la convention de délégation de service public relative à la conception, au financement, à la construction et à l'exploitation d'une route de contournement de 22 kilomètres à Likasi, route déjà réalisée, le contrat liant la province du Haut-Katanga à la société Congo Corporation International SARL porte sur une durée de 23 ans pour un investissement estimé à plus de 63 millions de dollars.
L'objectif affiché : préserver la voirie urbaine de Likasi, fortement dégradée par le trafic poids lourds, et maximiser les recettes du Trésor public.
Un "ordre verbal" du chef de l'État brandi
Pour justifier la reprise en main de la gestion de cette route, alors que le contrat de concession est toujours en cours, le gouverneur intérimaire aurait invoqué un prétendu « ordre verbal du chef de l'État ». Un argument qui, s'il est avéré, fragiliserait l'État de droit et le climat des affaires, cheval de bataille du président Félix Tshisekedi.
Au-delà, cet acte pourrait, selon des analystes, affecter les relations diplomatiques entre la RDC et la Chine et anéantir les efforts du gouvernement central visant à restaurer la confiance des investisseurs.
Une campagne présumée contre la Première ministre
Autre fait dénoncé : en dépit de l'arrêté ministériel classifiant cette voie comme route nationale relevant de la gestion de l'État central, des relais de communication proches du gouvernorat intérimaire auraient lancé une campagne sur les réseaux sociaux visant la Première ministre et le ministre des Infrastructures, à travers un article intitulé « Le bras de fer autour de la manne de LIKASI, John Banza au cœur d'un scandale ».
Une démarche perçue comme une tentative de justification et révélatrice, selon des observateurs, d'une méconnaissance des règles régissant les concessions.
Contactées, les parties mises en cause n'ont pas encore réagi.
Ci-dessous, l’arrêté du ministre national certifiant la route du contournement de Likasi parmi les routes nationales, N°112.


