Par Serge Mavungu
L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) appelle à un dialogue national ouvert à toutes les composantes de la société congolaise, estimant que la recherche d’une paix durable en République démocratique du Congo passe par une démarche inclusive et participative.
Dans un communiqué rendu public, ce mardi 8 septembre 2026, l’organisation dit avoir pris connaissance du récent discours du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, consacré aux principaux défis du pays. Elle salue son orientation en faveur d’un dialogue fondé sur la participation populaire.
Pour l’ODEP, cette orientation devrait se concrétiser par un processus crédible, transparent et inclusif, tenant compte des réalités des 145 territoires de la RDC et permettant une participation effective des différentes forces vives de la Nation.
L’organisation estime que les crises auxquelles le pays est confronté ne peuvent être résolues uniquement par une réponse militaire. Tout en rejetant le recours aux armes, à la rébellion et à la violence comme moyens de conquête du pouvoir ou d’expression politique, elle considère qu’un dialogue national doit également s’attaquer aux causes structurelles des conflits.
Dans cette perspective, l’ODEP insiste sur la nécessité d’associer l’ensemble des acteurs concernés, sans exclusion ni marginalisation. Pour l’organisation, une telle démarche ne revient pas à légitimer la violence, mais à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation et à rechercher une réconciliation nationale durable.
Une commission indépendante pour conduire le processus
Pour renforcer la confiance entre les différentes parties, l’ODEP propose de confier la conduite opérationnelle du dialogue à une commission nationale indépendante, autonome et représentative.
Cette structure serait composée d’experts exclusivement congolais, compétents et expérimentés dans l’organisation de conférences et de rencontres de haut niveau. L’ODEP estime que la séparation entre le rôle institutionnel du chef de l’État et le pilotage technique du dialogue permettrait de rassurer les différentes parties prenantes.
L’organisation souhaite voir autour de la table la majorité, l’opposition, les organisations communautaires de base, les collectivités, les communes, les villes, les universités, les entreprises publiques, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), l’administration publique et la société civile dans sa diversité.
La diaspora proposée comme « 27ᵉ province »
L’ODEP propose également une participation structurée des Congolais de la diaspora. L’organisation suggère de les considérer comme une « 27ᵉ province » dans le cadre du dialogue.
Chaque pays accueillant une communauté congolaise organisée serait ainsi assimilé à un territoire de cette « 27ᵉ province », afin de permettre à la diaspora de présenter ses préoccupations et de contribuer à la construction d’un consensus national.
L’ODEP encourage par ailleurs Félix Tshisekedi à maintenir une volonté politique « définitive, ferme et sans tergiversation » en faveur du dialogue. Il souhaite notamment que soient clairement déterminés les participants, les critères de représentativité et l’agenda du processus.
L’organisation estime toutefois que les orientations déjà exprimées par le chef de l’État doivent encore être examinées par une commission nationale préparatoire, afin d’en apprécier la pertinence et la conformité avec les objectifs d’un dialogue inclusif, équitable et consensuel.
Enfin, l’ODEP appelle la classe politique et la société civile à privilégier l’intérêt général. Il exhorte les acteurs armés à renoncer à la violence et à s’engager dans une solution politique négociée, tandis qu’il invite la population à s’approprier le processus tout en rejetant les discours de haine et de division.