Par Gloire Balolage
La ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, participe activement à la Semaine de l'apprentissage numérique, organisée du 8 au 11 septembre 2026 au siège de l'UNESCO, à Paris, en France. Ces assises réunissent plusieurs ministres de l'Éducation venus de différents pays ainsi qu'un nombre important d'experts du secteur éducatif, autour des enjeux liés à l'apprentissage numérique et à l'évolution des technologies dans le domaine de l'éducation.
Prenant la parole lors de la séance plénière, Raïssa Malu s'est particulièrement penchée sur la question de l'âge approprié pour l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'éducation. Pour la ministre d'État, la République démocratique du Congo ne retient pas l'idée d'un âge unique applicable à tous les usages de l'intelligence artificielle dans le secteur éducatif. Elle défend plutôt une approche progressive, fondée sur la compréhension des technologies, l'apprentissage de leur utilisation et l'acquisition graduelle de l'autonomie, le tout dans un cadre protecteur.
Dans cette perspective, la ministre d'État a souligné la nécessité de consolider certaines modalités de progression pédagogique. Elle a notamment rappelé que l'intelligence artificielle peut constituer un outil d'appui au travail de l'enseignant, sans pour autant prendre sa place. Selon cette approche, l'IA ne doit ni se substituer à l'enseignant ni conduire à laisser un enfant seul face à un agent conversationnel.
Raïssa Malu a également fait référence aux recommandations de l'UNESCO concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle par les enfants. Elle a rappelé que l'organisation recommande notamment de ne pas autoriser l'usage indépendant de ces outils avant l'âge de 13 ans. Pour la ministre d'État, ce repère international constitue un élément important qui doit être articulé avec le cadre national de la République démocratique du Congo ainsi qu'avec les différents usages pédagogiques de l'intelligence artificielle.
La question de la régulation a également occupé une place importante dans son intervention. Raïssa Malu a insisté sur la nécessité de mettre en place quatre garanties essentielles pour encadrer l'utilisation de l'IA dans l'éducation. La première concerne les données, dont la collecte doit être limitée au strict nécessaire afin de mieux protéger les utilisateurs, notamment les enfants.
La deuxième garantie évoquée porte sur l'accès aux outils d'intelligence artificielle, qui ne devrait pas être accordé indistinctement à tous les âges ni pour toutes les activités. La troisième concerne les contenus : les outils destinés à l'éducation doivent intégrer des protections adaptées aux mineurs ainsi que des mécanismes permettant de signaler les contenus ou comportements problématiques.
Enfin, Raïssa Malu a mis l'accent sur la question de l'autonomie. Elle estime qu'une intelligence artificielle ne doit pas être autorisée à décider seule de l'évaluation, de l'orientation ou de toute autre décision importante concernant un enfant.