Conflit RDC-Rwanda : Germain Kambinga veut la paix avec Kigali mais refuse « l’humiliation » et « la capitulation »

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Germain Kambinga, président du parti Le Centre, prononce son discours lors de la 10e Université d’Octobre, organisée ce lundi 5 octobre 2026 au Centre Nganda, à Kinshasa.
Germain Kambinga, président du parti Le Centre, prononce son discours lors de la 10e Université d’Octobre, organisée ce lundi 5 octobre 2026 au Centre Nganda, à Kinshasa.

Par Serge Mavungu

Le parti politique Le Centre a organisé, ce lundi 5 octobre 2026, au Centre Nganda, à Kinshasa, sa 10e Université d’Octobre, à l’occasion du dixième anniversaire de sa création. Cette rencontre a notamment été marquée par le discours de son président, Germain Kambinga, consacré aux enjeux liés à la paix, à la souveraineté et à l’avenir de la République démocratique du Congo.

Dans son intervention, Germain Kambinga a défendu une ligne privilégiant le dialogue et la recherche de la paix avec le Rwanda, tout en rejetant toute issue qui, selon lui, consacrerait une humiliation ou une capitulation de la RDC.

Dès l’entame de son discours, le président du Centre a résumé cette position par une formule historique : « La République n’ira pas à Canossa. »

Expliquant le sens de cette formule, il a déclaré : « Nous voulons la paix, mais nous ne voulons pas la paix dans l’humiliation. Nous voulons le dialogue, mais nous ne voulons pas le dialogue de la capitulation. »

Germain Kambinga a ainsi voulu établir une distinction entre la recherche d’un compromis politique et ce qu’il considère comme un abandon des principes liés à la souveraineté nationale.

Éviter le cycle des rébellions

Revenant sur l’histoire récente des conflits dans l’Est du pays, Germain Kambinga a évoqué les différents processus ayant conduit à des accords et à l’intégration de groupes armés dans les institutions ou les forces de défense.

Il a notamment mis en garde contre la répétition d’un même scénario, qu’il résume ainsi : « Une rébellion, une négociation, une intégration, une nouvelle rébellion. »

Selon lui, ce mécanisme ne permet pas d’établir une paix durable. Il estime plutôt nécessaire de tirer les leçons des précédents accords et de privilégier une approche permettant de traiter les causes profondes de l’instabilité dans l’Est.

Dans cette perspective, le président du Centre a indiqué que les différents processus diplomatiques engagés autour de la crise doivent déboucher sur une paix qui ne se limite pas à une suspension des hostilités.

« Nous voulons la paix avec le Rwanda »

Germain Kambinga n’a pas fermé la porte au dialogue avec Kigali. Bien au contraire, il a clairement affirmé que la paix avec le Rwanda demeure souhaitable, à condition qu’elle repose sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

« Nous voulons la paix avec le Rwanda, mais la paix suppose que le Rwanda renonce à l’agression et respecte les frontières du Congo. S’il le fait, nous devons lui tendre la main. S’il refuse, nous devons être suffisamment forts pour défendre notre territoire », a-t-il déclaré.

Poursuivant son propos, il a également plaidé pour une armée congolaise professionnelle, méritocratique, correctement organisée et capable de garantir la souveraineté du pays.

Pour Germain Kambinga, la diplomatie ne doit donc pas être dissociée du renforcement de l’État et de ses capacités à assurer la défense du territoire.

Un dialogue national, mais pas un partage du pouvoir par les armes

Dans son intervention, le président du Centre a également élargi la réflexion à la situation politique interne de la RDC.

Il a indiqué soutenir le principe d’un dialogue national entre Congolais, depuis les territoires jusqu’à Kinshasa, mais en excluant toute formule qui permettrait à des groupes armés d’obtenir des avantages politiques grâce à la violence.

« Nous soutenons un dialogue national des Congolais, depuis les territoires jusqu’à Kinshasa, mais pas un nouveau partage du pouvoir obtenu par les armes », a-t-il souligné.

Germain Kambinga a expliqué que ce dialogue devrait, selon lui, permettre de s’attaquer aux problèmes structurels qui fragilisent l’État plutôt que de reproduire les arrangements politiques des crises précédentes.

Au-delà de la situation sécuritaire, le président du Centre a ainsi plaidé pour une refondation de l’État, reposant notamment sur une armée forte, une justice indépendante, des institutions responsables et des provinces capables de fonctionner efficacement.

À travers cette 10e Université d’Octobre, organisée dix ans après la création du parti, Germain Kambinga entend ainsi inscrire la position du Centre autour d’une double exigence : la recherche de la paix par le dialogue et la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

Une approche qu’il résume dans son discours par cette formule : « Nous voulons la paix, mais nous ne voulons pas la paix dans l’humiliation. »

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Lundi 5 octobre 2026 - 16:46