Par Denise Kyalwahi
À l’occasion du webinaire consacré aux zones humides, aux services écosystémiques et aux solutions fondées sur la nature, organisé dans le cadre du 8ᵉ Forum de développement du bassin du Nil, l’expérience de restauration communautaire des berges des rivières Talihya et Loutu, en République démocratique du Congo, a été présentée comme une piste pour renforcer la résilience climatique des communautés.
Les zones humides et les cours d’eau constituent une infrastructure naturelle essentielle pour les populations du bassin du Nil. Leur capacité à réguler l’eau, limiter l’érosion et soutenir les écosystèmes était au cœur du webinaire « Wetlands, Ecosystem Services, Nature-Based Solutions and Water Storage », organisé ce lundi 5 octobre 2026 par le bureau régional du Nile Basin Discourse (NBD).
Parmi les intervenants figurait Kakule Mutali Amos, écologue et spécialiste des questions environnementales et de résilience climatique. Il y a partagé des expériences menées dans le bassin du Nil congolais, notamment autour de la restauration communautaire des berges de la rivière Talihya et des actions de sensibilisation à Loutu.
Selon Kakule Mutali Amos, ces initiatives reposent sur une approche qui associe restauration des écosystèmes, sensibilisation et participation des populations locales.
« Nous avons partagé les expériences de restauration communautaire des berges de Talihya et de sensibilisation sur la gestion rationnelle de l'eau et la résilience climatique à Loutu », explique-t-il dans une interview accordée à opinion-info.cd
Ces actions visent notamment à restaurer les berges, protéger les ressources en eau et encourager de meilleures pratiques d'hygiène. Elles accordent également une place importante aux femmes et aux jeunes, considérés comme des acteurs essentiels de la gestion locale des ressources naturelles.
Pour le spécialiste, l'un des principaux atouts de cette approche est son ancrage dans les réalités des communautés.
« Les solutions partent des réalités locales et associent sensibilisation, participation communautaire et action concrète », souligne-t-il.
Restaurer les rivières pour renforcer la résilience climatique
La restauration des cours d'eau intervient dans un contexte marqué par une plus grande variabilité des précipitations, des épisodes d'inondation et des périodes de sécheresse plus sévères dans plusieurs régions du bassin du Nil.
Les solutions fondées sur la nature vont contribuer à répondre à ces défis en renforçant les capacités naturelles des écosystèmes à retenir, réguler et filtrer l'eau.
Au cours du webinaire, plusieurs travaux scientifiques et expériences ont ainsi été présentés sur les zones humides, la régulation hydrologique, la collecte des eaux de pluie, la restauration des rivières et l'adaptation de la gestion de l'eau au changement climatique.
L'expérience congolaise apporte à ce débat une dimension communautaire : la restauration des berges ne repose pas uniquement sur des infrastructures, mais également sur l'engagement des populations qui vivent autour des cours d'eau.
Pour Kakule Mutali Amos, les expériences menées en République démocratique du Congo doivent désormais être mieux suivies et documentées afin de faciliter leur reproduction dans d'autres communautés du bassin.
Il recommande notamment de renforcer le suivi des actions, d'accroître la participation des femmes et des jeunes et de mieux documenter les bonnes pratiques.
Le spécialiste plaide également pour davantage de partenariats entre les communautés, les organisations non gouvernementales et les institutions.
« Il faut renforcer le suivi, la participation des femmes et des jeunes, documenter les bonnes pratiques et créer davantage de partenariats entre communautés, ONG et institutions », estime-t-il.
Cette approche rejoint l'objectif du Forum de développement du bassin du Nil, qui cherche à favoriser le partage d'expériences et de solutions entre les différents acteurs confrontés aux défis liés à l'eau, aux écosystèmes et au changement climatique.