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Vital Kamerhe à Kabila : « Vos discours appellent à la paix, vos actes à la rébellion »

mer 14/10/2026 - 09:26
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Vital Kamerhe et Joseph Kabila
Vital Kamerhe et Joseph Kabila

Par Serge Mavungu

Vital Kamerhe, leader de l'UNC, dénonce la contradiction qu’il voit entre l’appel à la paix lancé par Joseph Kabila le 9 octobre 2026 et l’annonce, trois jours plus tard à Goma, de sa prise de la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire comprenant l’AFC/M23.

Dans une déclaration consacrée à cette évolution politique, l’ancien président de l’Assemblée nationale appelle à la responsabilité des dirigeants et au rejet de la lutte armée comme moyen de conquête du pouvoir.

Un décalage entre les discours et les actes

À en croire Vital Kamerhe, les appels à la paix de Joseph Kabila sont en contradiction avec son implication dans une coalition politico-militaire comprenant l’AFC/M23. Il estime que les Congolais sont en droit d’obtenir des explications sur cette situation et qu’ils doivent apprécier les responsables politiques à travers leurs actes.

Dix-huit ans de pouvoir et une responsabilité historique

Vital Kamerhe rappelle que Joseph Kabila a dirigé la République démocratique du Congo pendant 18 ans. Selon lui, cette longue période devait permettre de renforcer l’armée, de consolider les institutions, de protéger les populations et de favoriser le développement du pays.

Il estime que l’ancien chef de l’État ne peut se soustraire à sa responsabilité dans le bilan de son passage au pouvoir en mettant uniquement en cause son successeur.

Mettre fin au cycle des rébellions

L’ancien président de l’Assemblée nationale souligne que les conflits armés successifs n’ont pas permis aux Congolais d’obtenir la sécurité, la justice et la prospérité auxquelles ils aspirent.

Il rappelle aussi le coût humain de ces violences, marqué par des familles endeuillées, des enfants privés d’école, des femmes exposées aux violences et des populations contraintes de fuir leurs terres. Pour lui, le pays doit sortir de cet engrenage qui prolonge les souffrances de la population.

Un soutien renouvelé à Félix Tshisekedi

Dans sa déclaration, Vital Kamerhe réaffirme son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme son allié et partenaire politique.

Il appelle les Congolais à resserrer leurs rangs autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel, face à ce qu’il considère comme une menace pour les institutions du pays.

Le dialogue plutôt que les armes

Vital Kamerhe exhorte les responsables du Front pour la refondation de la nation à renoncer à leur projet et à privilégier la voie du dialogue. Il s’interroge sur la nécessité de recourir aux armes lorsque les divergences politiques peuvent être abordées autour d’une table de négociation.

À ses yeux, aucune frustration ni ambition politique ne saurait justifier une nouvelle confrontation armée, susceptible d'entraîner davantage de pertes en vies humaines.

L’unité nationale comme priorité

Au-delà des divergences politiques, Vital Kamerhe plaide pour une mobilisation pacifique et responsable de la population. Il appelle à préserver l’unité nationale et à construire un pays où les citoyens peuvent défendre leurs convictions sans recourir à la violence.

Son message s’adresse particulièrement aux populations du Nord-Kivu, de l’Ituri et des autres régions affectées par les conflits, dont la sécurité et l’avenir doivent, selon lui, primer sur les calculs politiques.

Pour conclure, Vital Kamerhe appelle les Congolais à privilégier la paix, la cohésion nationale et le développement, afin de transmettre aux générations futures un pays où chacun peut vivre en sécurité et exercer librement ses droits.

Mercredi 14 octobre 2026 - 09:26