Procès Jacques Matand : BBC en difficultés, Maitre Ciré Clédor évoque les incohérences dans les motifs de licenciement

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Jacques Matand (1) 2
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Par la Rédaction

La prochaine audience dans l’affaire de licenciement qui oppose la direction de la BBC et son ancien journaliste  Jacques Matand’ Diyamby est annoncée pour le 5 juillet. Cette séance portera essentiellement sur  la poursuite de l’enquête avec production de preuves et auditions de témoins de part et d’autre. Maitre Ciré Clédor, avocat du journaliste, évoque les incohérences dans les motifs de licenciement.

Maître Ciré Clédor Ly soutient que son client a bien présenté le sujet en conseil de rédaction. Ce conseil étant l’instance première de décision dans une rédaction, n’a trouvé rien à dire sur l’interview qui rêvait un caractère, journalistique, d’intérêt public, mais surtout basé sur un travail scientifique.

Pour lui, la BBC cherche à noyer le procès en changeant intelligemment les motifs du licenciement basés sur une plainte, jamais prouvée, du gouvernement rwandais. « Maître Ciré Clédor Ly précise qu’aucune instance ou autorité ne peut porter atteinte au droit à l’information du public sur des sujets et des œuvres d’intérêt général et historique ».

Durant plus de deux mois, indique Maître Ciré Clédor Ly,  l’interview a été diffusée plus de trois fois sur la radio et est restée sur le site internet de la radio. Pourtant la BBC tente de faire croire au juge que tout cela était passé inaperçu alors que chaque média a un conseil de rédaction, un secrétaire et un rédacteur en chef garant et responsable de tout ce qui se fait dans la rédaction.

De leur côté, « La BBC précise que Jacques Matand’ a été licencié après un message Whatsup envoyé par une autorité rwandaise à un des responsables de la BBC à Londres, suivi d’un appel téléphonique de mécontentement. Cette version servie par la BBC est très loin des termes de la lettre de licenciement qui se fondaient sur une plainte du gouvernement rwandais qui accusait la BBC d’avoir été injuste, biaisée et inexacte ; et qu’il se réservait le droit de prendre des sanctions à l’encontre de la BBC ».

En sus, la BBC poursuivait dans les motifs de licenciement qu’il y avait des manquements potentiels de la part de Jacques Matand Diyamby pour non-respect des lignes directives de la politique éditoriale globale de la BBC, parce que le journaliste aurait décidé de son propre grès et à l’insu de ses supérieurs de procéder à  l’interview du Professeur Charles Onana sur l’opération Turquoise ainsi que de la diffusion du sujet qu’elle dit être « controversé ».

Ce mercredi 9 juin, le tribunal de Dakar a auditionné les deux parties sur les conditions du licenciement. Jacques Matand’ se dit surpris de voir que c’est seulement après l’appel d’une autorité rwandaise que l’interview est devenue subitement « controversée » pour cette chaîne qui affirme travailler avec professionnalisme et en toute indépendance.

Mardi 15 juin 2021 - 00:04