Par Serge Mavungu
Le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege et le ministre de la Communication et des Médias Patrick Muyaya se sont entretenus, mercredi 23 juin 2021, à l'hôpital de Panzi, à Bukavu, dans le Sud Kivu.
À en croire une dépêche de la Cellule de communication du Ministère de la communication et medias parvenue à la rédaction d'opinion-info.cd, ce jeudi 24 juin 2021, durant deux heures, les deux personnalités ont passé en revue les enjeux du changement du narratif sur un Congo qui soigne ses maux, les guérit, qui se relève et qui avance.
Tous deux satisfaits de ce moment d'échange, ils croient fermement que sans la justice, il n'y aura pas la paix. Pour Denis Mukwege, il est très important qu'en République démocratique du Congo, que l'on se pose la question de savoir, comment cette partie du pays doit être sécurisée ? « Je pense que si les seigneurs de guerre sont en paix. S'ils ne sont pas inquiétés. S'ils pensent qu'ils peuvent continuer à tuer, à décapiter et à violer sans conséquences, puisque tout simplement, ils veulent s'enrichir, je crois que nous n'allons pas nous en sortir. Il est question aujourd'hui que le peuple congolais puisse exiger une justice. Etant donné le nombre de victimes, elle ne pourra être qu'une justice transitionnelle. Elle doit avoir des mécanismes judiciaires et des mécanismes non judiciaires, et nous avions longuement discuté sur cette question », a-t-il ajouté.
Dans le même registre, Denis Mukwege croit que la meilleure façon de faire n'est pas de continuer de soigner les victimes de violences sexuelles, mais il faut arrêter ses violences sexuelles.
« Il faut arrêter les conflits qui font à ce que les femmes puissent venir ici. Vous savez que les malades que nous soignions à Panzi sont des victimes de violences sexuelles dans les conflits où le viol a été largement utilisé dans notre pays comme arme de guerre », a avancé le Prix Nobel de la paix.
L'occasion faisant le larron, le ministre Patrick Muyaya et le Dr.Mukwege ont, aussi, abordé la question relative au rôle des médias publics de la République Démocratique du Congo dans la diffusion de la bonne image et de l'accès à tous.
« Je crois que c'est une question qui a été évoquée et je crois que la réponse du ministre est rassurante. Il est d'avis que nous devons avoir un média public capable de diffuser la politique nationale et donner des informations », a déclaré celui que l'on appelle le réparateur des femmes.
Et de regretter : « en pleine pandémie de la Covid-19, chaque congolais se permet de donner sa voix par rapport à la vaccination, par rapport au traitement et autres sujets concernant cette maladie. Je crois que dans ces conditions, nous ne saurons même pas nous médecins de faire correctement notre travail, puisque tous les efforts que nous fournissions sont sapés par tous ces autres médias de réseaux sociaux et des fake news ».
Son souhait est de voir les médias publics congolais jouer pleinement leurs rôles pour le bonheur de toute la population congolaise.