Par Stella Ungaro
Au regard de la situation socio-économique précaire que fait face la population, d’aucuns s’interrogent sur le bien fondé de la campagne médiatique de la BCC autour de la prouesse réalisée par les régies financières.
« Depuis tout ce temps-là, la BCC se livrait-t-elle à ce genre d'exercice ! Pendant la deuxième République, quand la réserve de change était élevée, il y avait des effets palpables sur le social de la population», s’exclame un retraité de la Banque Centrale du Congo.
Il suffit d’observer autour de soi pour constater que la vie devient intenable à Kinshasa. Les plus démunis ne savent plus tenir le coup. Relier les deux bouts du mois demeure un cauchemar si pas un calvaire. Seuls ceux qui disposent des ressources nécessaires peuvent s’en sortir.
Un rapport du PAM a révélé tout récemment qu’en République Démocratique du Congo, plus de 27 300 000 congolais souffrent de la FAIM. Du jamais vu.
Ce chiffre place notre pays en pole position des pays qui souffrent de la faim au monde en 2021. C'est quasiment le tiers de la population congolaise qui est concerné par ce fléau.
Selon les informations recueillies, cela ne concerne pas seulement que les milieux ruraux. Pour la seule ville de Kinshasa, le PAM estime que plus de 1 500 000 personnes seraient concernées dans la seule commune de MASINA. C’est révoltant d’apprendre que malgré l’évolution du taux des réserves de change que la situation est toujours la même pour le panier de la ménagère.
« Quand vous affectez une partie importante desdites réserves à l'importation qui n'influe nullement au social, à quoi bon ! », poursuit cet ancien cadre de la BCC qui espère quand même voir clair à ce que l’avenir réserve aux congolais. Un avis sceptique d’autant plus que pour lui, la comparaison du taux des réserves de change de la BCC de décembre 2020 à septembre 2021 répond à des fins propagandistes.
Pour monsieur NSOMWE NSOMWE, économiste et ancien Directeur à la Direction du crédit de la Banque du Zaïre, BCC aujourd’hui, la relance de la production ainsi que la diversification de l’économie sont des conditions sine qua none pour l’émergence du Congo.
La pauvreté de la population congolaise a toujours apparu aux yeux du commun des mortels comme un paradoxe. La RDC, un pays aux potentialités énormes tient la queue parmi les plus pauvres au monde.
Pourtant, comme le dit si bien l’économiste Nsomwe, « ….le Congo, c’est 1100 substances minérales identifiées dans ce pays sur seulement 26% de son territoire, et les 1100 substances sont évaluées à 24 milles milliards de dollars. Cela peut être considéré en soi en quelques sortes comme une réserve de change. On pouvait aussi le considérer comme actifs qu’on peut monnayer à tout moment ».
L’espoir fait vivre !
Le récent communiqué de la Banque Centrale du Congo renseigne que les réserves de change de la RDC se sont situées à 3.356,76 millions de dollars américains au 17 septembre 2021 contre 708, 89 millions de dollars en décembre 2020, ce qui a porté la couverture d’importation des biens et services à 3 mois.
Cette évolution est justifiée par Madame Malangu Kabedi, Gouverneure la BCC, entre autre par l’encaissement de l’allocation des Droits de Tirage Spéciaux du FMI équivalent à 1,5 milliards au 17 septembre 2021 alors que les réserves étaient déjà en tendance haussière depuis avril 2021.
Pour la Gouverneure de la BCC, cet encaissement fait suite à la décision du G20 par l’entremise du Conseil d’Administration du FMI de procéder à l’augmentation des allocations des DTS dans le contexte de lutte contre les effets néfastes contre la pandémie de Covid-19, pour tous les pays membres du FMI.
Autres facteurs explicatifs: les opérations habituelles de la BCC sur le marché de change pour acheter des devises et racheter les recettes fiscales en devises, l’encaissement du financement du FMI au titre de la Facilité Élargie du Crédit (FEC), relatif à la mise en œuvre du programme du Gouvernement.
Cependant la Gouverneure de la BCC a relevé que ces réserves de change soutiennent la résilience économique d’un pays dans la mesure où elles permettent d’assurer la riposte en cas de choc contre la monnaie nationale en vue de préserver la stabilité de celle-ci. Il est donc impérieux qu’elles soient suffisamment élevées et couvrent au minimum 3 mois d’importations des biens et services.