RDC: Comment les Américains de Tenke Fungurume ont fait perdre des millions à la Gécamines

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Par Gabin K.

Depuis le 31 mai dernier, l'Inspection générale des finances (IGF) a publié son rapport sur la gestion de la Gécamines au cours de la période allant de 2010 à 2020. Un des renseignements majeurs de ce rapport: la société américaine Tenke Fungurume Mining (TFM) a fait perdre plusieurs millions de dollars au géant congolais des mines

En effet, à sa constitution en 2005, TFM, bénéficiant de l'influence de la Banque mondiale, a fait baisser les parts de la Gécamines de 45% à 17,5%. 4 ans plus tard, ce pourcentage a légèrement été revu à la hausse, grâce à un plaidoyer du Sénat, pour atteindre 20%. Il ne reviendra jamais à son pic initial même après la vente, en 2016, de TFM aux Chinois de China Molybdenum contre un chèque de 2,6 milliards de dollars.

A la baisse des parts d'action de la Gécamines, s'ajoute le fait que le principe de royalties n'a pas été appliqué sur TFM, occasionnant ainsi un manque à gagner énormément, évalué à plus de 300 millions de dollars. Les dividendes qu'aurait perçu la Gécamines ont, en toute évidence, été insignifiantes proportionnellement aux 14 milliards de dollars de chiffre d’affaires de TFM réalisé entre 2012 à 2020.

A n'en point douter, l'expérience très déficitaire avec l'ex-société américaine a, malheureusement pour l'opérateur public des mines, montré aux autres partenaires un moyen pour ne pas lui faire bénéficier des dividendes conséquentes, surtout s'il faut tenir compte du taux d’intérêt de plus de 16% fixé par TFM et suivi par les autres opérateurs. S'il faut en plus considérer que l'enquête de l'IGF, lancée en septembre 2021, a traité de 24 contrats de joint-venture conclus de 2000 à 2008 entre l’opérateur public minier et divers partenaires, la perte est encore plus prononcée. Les Américains de TFM sont, pour d'aucuns, la cause de cette énorme perte pour avoir ouvert "la voie d'escroquerie".

Ces combines, jusqu'alors gardées dans le coffre-fort des secrets, ont été déballées par Jules Alingete Key, chef de service à l'Inspection générale des finances (IGF), permettant ainsi à l'opinion nationale et internationale de comprendre comment les Américains de TFM ont œuvré pour priver la Gécamines des revenus conséquents.

L'IGF, dans le rapport dédié à son enquête sur le géant minier congolais, a indiqué qu'entre 2012 et 2020, la Gécamines a perçu la modique somme de 564 millions de dollars de royalties sur les 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisés par ses différents partenaires liés par des contrats de joint-venture.

Ces  contrats, dénoncent un député, ont été signés, pour la plupart, sous l’impulsion ou la pression(?) de la Banque mondiale. Ils ont ainsi été à la base d’un énorme manque à gagner pour la Gécamines via les apports en capitaux empruntés, la sous-traitance massive auprès de maisons mères étrangères et des charges financières importantes au profit de maisons mères étrangères.

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Mardi 7 juin 2022 - 12:17