Par Patrick Kitoko
Le jeune opposant congolais Nathanaël Onokomba a été transféré de la prison militaire de Ndolo vers la prison centrale de Makala, à Kinshasa, après près de sept mois de détention. Ce transfert marque une nouvelle étape dans une procédure judiciaire qui continue de susciter de vives réactions au sein de l’opposition et des milieux de défense des droits humains.
Selon les informations disponibles, ce changement de lieu de détention fait suite au dessaisissement de la justice militaire au profit des juridictions civiles. Les autorités judiciaires ont ainsi renvoyé le dossier de Nathanaël Onokomba devant les tribunaux de droit commun, qui seront désormais chargés de poursuivre l’examen de l’affaire.
Arrêté à la fin de l’année 2025, le jeune opposant était poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment apologie du terrorisme et négation des crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo. Son procès devant la justice militaire avait attiré l’attention de plusieurs observateurs en raison de son profil politique et de la nature des poursuites engagées contre lui.
Le 26 juin 2026, la justice militaire avait toutefois acquitté Nathanaël Onokomba du chef d’accusation d’apologie du terrorisme, l’une des principales préventions retenues contre lui. Malgré cette décision, il était resté en détention, alimentant les critiques de ses conseils.
Ses avocats dénonçaient depuis plusieurs semaines la prolongation de son incarcération, estimant que le maintien en détention de leur client n’était plus justifié au regard de l’évolution de la procédure. Ils réclamaient sa libération, tout en contestant les conditions dans lesquelles le dossier continuait d’être traité.
Le transfert vers la prison centrale de Makala intervient donc dans un contexte de réorientation de la procédure judiciaire. Si le dessaisissement de la justice militaire constitue un tournant important, il ne met pas un terme aux poursuites : le dossier devant désormais être examiné par les juridictions civiles compétentes.
Cette affaire demeure suivie de près par les acteurs politiques, les organisations de défense des droits humains et plusieurs observateurs, qui y voient un test pour le respect des garanties judiciaires et des droits de la défense en RDC. Les prochaines décisions de la justice civile seront déterminantes pour la suite de cette procédure aux implications à la fois judiciaires et politiques.