Breaking News

Bassin du Congo : Josué Aruna appelle l’Afrique à faire bloc contre l’extractivisme et la géo-ingénierie

Catégorie
Image
Josué Aruna, directeur de Congo Basin Conservation Society et ambassadeur du Bassin du Congo
Josué Aruna, directeur de Congo Basin Conservation Society et ambassadeur du Bassin du Congo

Par Denise Kyalwahi

« Le bassin du Congo est en danger et l’Afrique doit parler d’une seule voix. » C’est le message fort lancé par Josué Aruna, directeur de Congo Basin Conservation Society et ambassadeur du bassin du Congo, lors de l’École régionale de justice environnementale organisée à Lomé par le Centre pour la Justice Environnementale (CJE-Togo). Face à des militants, chercheurs et représentants de la société civile, il a dressé un constat alarmant sur l’avenir du deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète.

Pour le défenseur de l’environnement, le bassin du Congo subit une pression sans précédent. L’exploitation minière à grande échelle, l’accaparement des terres, la surexploitation des ressources forestières et l’absence de retombées économiques pour les populations locales fragilisent chaque jour davantage cet écosystème vital pour le climat mondial.

« Environ 62 % de cette forêt se trouve en République démocratique du Congo. Pourtant, les communautés qui la protègent depuis des générations restent parmi les plus pauvres », déplore-t-il. Selon lui, les richesses extraites des forêts et du sous-sol profitent davantage aux entreprises qu’aux populations riveraines et aux peuples autochtones, pourtant premiers gardiens de ces espaces naturels.

Au-delà du constat, Josué Aruna appelle à une profonde réforme de la gouvernance des ressources naturelles. Il estime que la protection du bassin du Congo passe par une meilleure reconnaissance des droits des communautés locales, une gestion transparente des revenus issus de l’exploitation des ressources et un engagement plus fort de la communauté internationale en faveur de la conservation.

Le responsable de Congo Basin Conservation Society regrette également que d’importants financements climatiques soient orientés vers des technologies de géo-ingénierie plutôt que vers la protection des forêts tropicales. À ses yeux, ces technologies ne constituent pas une réponse durable à la crise climatique.

« L’Afrique ne doit pas devenir un laboratoire d’expérimentation pour ces technologies », avertit-il. En tant que co-coordinateur du Groupe de travail africain sur la justice climatique, il réaffirme son opposition au déploiement de la géo-ingénierie sur le continent et invite les gouvernements africains à défendre la position adoptée par les ministres africains de l’Environnement à Nairobi en 2023 en faveur d’un accord de non-utilisation de ces technologies.

À l’approche des prochaines conférences des Nations unies sur le climat, Josué Aruna appelle les États africains à maintenir un front commun. Pour lui, la priorité doit être de renforcer les financements destinés à la conservation des forêts, à la restauration des paysages dégradés et à l’amélioration des conditions de vie des communautés qui assurent, au quotidien, la protection du bassin du Congo.

Son plaidoyer résonne comme un avertissement : préserver le bassin du Congo ne relève pas seulement d’un enjeu africain, mais d’une responsabilité mondiale. Sans une mobilisation politique et financière à la hauteur des défis, prévient-il, l’un des plus importants régulateurs climatiques de la planète pourrait continuer à se dégrader, avec des conséquences bien au-delà des frontières de l’Afrique centrale.

Mercredi 29 juillet 2026 - 19:45