Par Fadi Lendo
Un témoignage poignant qui fait froid au dos. Hamida Shatur Kamerhe, épouse de Vital, sauvée de justesse par "l'Armée céleste" avec son mari "d'une attaque meurtrière", raconte l'horreur qui les a entourés "pendant près d'une heure". "Le renfort est finalement arrivé à 5h, mettant fin à notre calvaire. Ils nous ont informés qu'après l'assaut chez nous, les assaillants s'étaient dirigés vers le Palais de la Nation. Le Seigneur nous a sauvés d'une attaque meurtrière où mon mari était la cible principale", a déclaré l'épouse de Vital Kamerhe, qui dit louer "ce Dieu qui avait libéré mon mari de la prison en son temps, et qui, cette nuit, a de nouveau envoyé son Armée céleste, pour nous sauver de la mort". Un témoignage qui renforce et conforte de plus en plus, non sans créditer l'hypothèse selon laquelle Vital Kamerhe était la cible des attaques meurtrières de ce dimanche 19 mai 20024. Surtout lorsque Hamida Shatur Kamerhe rapporte, en lingala [l'une des quatre langues nationales rd-congolaises], ce que l'un de leurs gardes, joint au téléphone pendant ce moment de chaos, a dit à Vital Kamerhe d'une voix tremblante :"Mokonzi, bazoluka nde yo. Batuni oza wapi. Baza plus de 40 éléments lourdement armés", entendez (Chef, c'est vous la cible. Ils ont demandé où vous étiez. Ils sont plus de 40 lourdement armés). Ci-dessous, l'intégralité du témoignage de Hamida Shatur Kamerhe.
"Mon mari m’a réveillée en sursaut à 4h du matin, pour m’annoncer que notre maison était encerclée par plusieurs militaires, et que ça faisait un long moment qu’il entendait des tirs à l’arme lourde venant de l’extérieur. J’ai réalisé qu’un échange de tirs furieux avait éclaté avec nos vaillants gardes. Les assaillants ont réussi à pénétrer dans notre parcelle, tirant sans relâche sur tout ce qui bougeait. Dans leur fureur, ils ont abattu deux de nos gardes. Un de nos hommes a tout de même réussi à neutraliser l’un des leurs, mais cela n'a fait qu'attiser leur violence. Ils ont même introduit un drone pour repérer nos positions, avant de lancer leur assaut.
Pendant ce chaos, mon mari a réussi à joindre un de nos gardes par téléphone, qui lui a dit d’une voix tremblante :"Mokonzi, bazo luka nde yo. Batuni oza wapi. Baza plus des 40 éléments lourdement armés." C’est à ce moment que j’ai compris que notre fin était proche. Les tirs se sont intensifiés dehors, transformant notre maison en un véritable champ de bataille.
Pendant près d’une heure, mon mari et moi sommes restés seuls à l'intérieur, entourés par l'horreur.
Le renfort est finalement arrivé à 5h, mettant fin à notre calvaire. Ils nous ont informés qu’après l’assaut chez nous, les assaillants s’étaient dirigés vers le Palais de la Nation.
Le Seigneur nous a sauvés d’une attaque meurtrière où mon mari était la cible principale. En sortant de la maison, j’ai découvert avec effroi que notre parcelle ressemblait à un champ de tirs : des centaines de douilles jonchaient le sol, et les murs étaient criblés d'impacts de balles.
Le Seigneur nous a véritablement protégés. Car nous n'avions aucune chance de nous en sortir vivants. Je loue ce Dieu qui avait libéré mon mari de la prison en son temps, et qui, cette nuit, a de nouveau envoyé son armée céleste pour nous sauver de la mort".