Par Bijou NDJODJI BATEKO
La question vaut tout son pesant d'or. D'autant plus que depuis son élection aux primaires de l'USN -Union sacrée de la Nation- comme candidat unique au poste de président du bureau définitif de l'Assemblée nationale pour le compte de la grande famille politique du Président de la République, voire même bien avant déjà, lorsqu'il affichait ses ambitions pour son come-back au perchoir, Vital Kamerhe était houspillé de tous côtés. Même au sein de l'USN, nombreux sont ceux qui manifestaient leur mécontentement [ils le manifestent encore à ce jour], de voir Vital Kamerhe diriger la Chambre basse du Parlement. Ceci n'expliquerait-il pas cela ? Difficile, en tout cas, à ce stade, de répondre à cette interrogation, en précédant les conclusions des enquêtes qui seront diligentées à ce sujet, de peur de plonger dans des supputations incertaines. Mais pourquoi un tel acharnement contre Vital Kamerhe ? "Ils m'ont haï sans cause", aurait répondu le Christ.
Les faits
Dans les petites heures matinales de cette journée pourtant dominicale du 19 mai 2024, exactement vers 04h ou 04h30' selon certaines sources, "la résidence de Vital Kamerhe a été attaquée par des personnes armées jusqu'aux dents, identifiées comme FARDC -Forces Armées de la République démocratique du Congo-".
Des échanges de coups de feu qui s'en sont suivis, deux policiers commis à la surveillance de la résidence de Vital Kamerhe ont été abattus. Du côté des assaillants, "un militaire aurait aussi été tué".
Finalement, selon des voisins, tel que l'a rapporté la radio Top Congo, les assaillants "ont fui vers le Palais de la Nation, où ils semblent être encerclés".
Les causes
Pour bien tenter de remonter la filière, il faut, avant tout, rappeler que ces attaques meurtrières ciblées ont eu lieu quelques heures seulement après la réunion que le secrétaire général de l'UDPS -Union pour la Démocratie et le Progrès social-, Augustin Kabuya a tenue, ce samedi, en sa qualité de membre du Présidium de l'USN, à Kinshasa, avec les chefs des partis et regroupements politiques de la méga plateforme politique présidentielle.
Réunion qui fait suite à la rencontre du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, vendredi dernier [soit quarante-huit heures avant la tentative de prise d'assaut de la résidence de Vital Kamerhe], avec les membres du Présidium et les députés nationaux de l'USN, à la cité de l'Union africaine.
Rencontre au terme de laquelle le Chef de l'État avait, lui-même, recommandé, en bon démocrate, le maintien de la candidature unique de Vital Kamerhe au poste de président du bureau définitif de l'Assemblée nationale, parce que ce dernier l'avait remporté démocratiquement lors des primaires que l'USN avait organisées le mardi 23 avril 2024. Par contre, le Président de la République, au cours de la même rencontre, avait enjoint aux membres du Présidium de l'USN, de revoir le ticket estampillé USN initialement proposé pour l'élection du bureau définitif de l'Assemblée nationale, en tenant compte, cette fois-ci, de la représentation de la Grande Orientale.
Ce qu'il ne faudra pas non plus écarter dans la quête de la vérité sur les vrais mobiles ayant conduit à cette barbarie moyenâgeuse, c'est le mécontentement de beaucoup de membres de l'USN, qui, bien qu'il ait acquis démocratiquement, cette candidature unique au poste de président de la Chambre basse du Parlement, ne voulaient et ne veulent nullement jusqu'à présent voir Vital Kamerhe occuper le perchoir de l'Assemblée nationale.
Des mécontentements qui étaient visibles, au point que certains caciques de l'USN disaient s'en foutre et se passer des résultats des primaires, pour postuler même en indépendants au poste de président lors de l'élection des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale. Des noms étaient même cités. D'autres personnes avaient même déjà annoncé leurs candidatures, avant de se rétracter pour des raisons connues d'elles-mêmes.
Que des interrogations !
Compte tenu de ce qui précède, certains analystes tentent de lier ce coup de force à l'ire du groupe de tous ceux qui ne jurent que sur la non occupation du perchoir de l'Assemblée nationale par Vital Kamerhe.
D'autres, par contre, conseillent une trêve de supputations, en attendant les conclusions des enquêtes qui seraient déjà diligentées.
Pour autant, des questions fusent de partout et taraudent les esprits : D'où sont sortis ces hommes armés jusqu'aux dents ? Sont-ils vraiment les militaires des FARDC ? Où est-ce qu'ils ont trouvé ces tenues militaires des FARDC dont ils sont habillés ? Qui sont les vrais commanditaires de ce coup de force ? Pourquoi en vouloir à Kamerhe ?
Autant de questions qui méritent d'être posées, et auxquelles, quoiqu'encore pendantes, les réponses pourraient aider à éclater la vérité au grand jour sur ce spectacle sanglant et macabre.
Coup d'État raté ?
Après que les assaillants de la résidence de Vital Kamerhe aient raté leur cible, ils s'étaient dirigés vers le Palais de la Nation, où, malheureusement pour eux, ils étaient encerclés.
Aux dernières nouvelles, l'on apprend que quelques assaillants qui voulaient traverser vers le Congo Brazzaville ont été arrêtés par la Garde Républicaine et les FARDC qui contrôlent le Palais de la Nation, après y avoir maîtrisé la tension.
L'on rapporte même que l'un des chefs des assaillants, Christian Malanga, a été tué par les Forces sécuritaires.
Les autorités militaires et sécuritaires ont promis une communication officielle dans les minutes qui suivent, juste après la réunion de sécurité qui est en cours.
Toutefois, l'hypothèse d'un coup d'État, quoique raté, ne serait pas écartée.