Par Fadi Lendo
La propagation à un rythme alarmant de l'épidémie Monkeypox en RDC -République Démocratique du Congo-, continue à faire couler beaucoup d'encre et de salive, surtout à une semaine de la rentrée scolaire 2024-2025, prévue le 2 septembre prochain.
L'opinion départagée entre le report ou non de la rentrée scolaire, en raison du risque de contamination de Mpox en milieu scolaire, a poussé la rédaction d'Opinion-info.cd à rencontrer les médecins congolais, pour avoir leurs avis.
Médecin généraliste et travaillant dans le département d'oncologie médicale, une spécialité de la médecine dédiée au traitement médicamenteux des cancers, le docteur Isabelle Kabangu Rowlhand a déclaré que, compte tenu des statistiques officielles qui ne font que grimper, le renvoi de la date de la rentrée scolaire ne se justifierait que si les ressources et les moyens nécessaires à la limitation de la propagation ne sont pas encore disponibles.
"Si les moyens nécessaires à la lutte contre la propagation de cette épidémie ne font pas défaut, il convient alors de laisser la jeunesse recommencer les cours, et, bien sûr, tout en suivant avec beaucoup de précautions l'application des gestes barrières à la contamination", a-t-elle dit.
L'occasion faisant le larron, ce médecin et responsable de la fondation "FASUFECC", a exhorté les parents et toute la communauté congolaise vivant en RDC, de lutter, chacun de son côté, contre cette épidémie. "Nous protéger individuellement, c'est protéger la communauté toute entière", a-t-elle martelé.
Cette même source, en cours d'un MBA en santé publique, a, par ailleurs, souligné que les statistiques officielles prouvent à suffisance que l'augmentation du taux de transmission de cette maladie causée par le virus de la variole du singe menace effectivement la bonne santé de la population.
"Cela démontre qu'il s'agit bien d'un problème important de santé publique en RDC", a-t-elle fait remarquer.
Et de poursuivre : "Compte tenu de la gravité qu'elle représente, il est important que le gouvernement de la Republique poursuive ses investissements dans la sensibilisation et la surveillance de ladite maladie".
Il sied de souligner que le COUSP -Centre des Opérations d'Urgence de Santé Publique- de l'INSP -Institut National de Santé Publique-, structure du ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a, hier dimanche 25 août 2024, publié son rapport journalier de l'évolution de l'épidémie de Mpox en RDC -République démocratique du Congo-. Ces données, précise-t-on, sont du 23 août 2024, pour de nouveaux cas par province, qui englobe les cas suspects, confirmés et décès.
Ainsi, le rapport indique pour la province de l'Équateur : 2 cas suspects, 12 confirmés et 0 décès ; Sud-Kivu : 63 cas suspects, 3 confirmés et 0 décès; Tshopo : 1 cas suspect , 0 confirmé et 0 décès; Tshuapa : 8 cas suspects, 0 confirmé, 0 décès; Sankuru : 76 cas suspects, 10 cas confirmés, 5 décès ; Maï-Ndombe : 2 cas suspects, 0 confirmé, 0 décès; Nord-Ubangi : 7 cas suspects, 0 confirmé, 0 décès; Kinshasa : 13 cas suspects, 0 confirmé, 1 décès; Lualaba : 0 suspect, 1 cas confirmé, 0 décès; et Nord-Kivu : 1 suspect, 18 cas confirmés et 0 décès.
Entre-temps, le gouvernement congolais a annoncé le déblocage de fonds d'urgence, à hauteur de 6 à 10 millions de dollars américains, pour soutenir la prise en charge immédiate de l'épidémie.
Cependant, la RDC éprouve encore des difficultés liées à l'identification des cas, le suivi des malades, les soins disponibles et l'absence des vaccins, bien que le gouvernement, par le biais de son ministre de la Santé publique, a révélé avoir validé deux vaccins.