Séjour de la Première ministre à Goma : Les mouvements citoyens réaffirment leur position de lever l'État de siège pour avoir échoué

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Les mouvements citoyens
Les mouvements citoyens

Par Gloire Balolage 

Lors de son arrivée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le vendredi 22 novembre 2024, la Première ministre, Judith Suminwa, a pris le temps d'accorder des audiences à diverses couches de la population; notamment, les députés provinciaux, la société civile, les mouvements citoyens, les chefs coutumiers et la représentation de la jeunesse de Goma. Dans un contexte où l'insécurité et les tensions sociales demeurent omniprésentes, les discussions se sont naturellement orientées vers un bilan critique de l'État de siège instauré dans la région depuis 2021.


L'évaluation de la mesure exceptionnelle de l'État de siège, qui, selon de nombreux intervenants, a échoué à apporter des solutions concrètes aux problèmes sécuritaires persistants dans le Nord-Kivu et l'Ituri. En particulier, les mouvements citoyens sont restés fermes dans leurs déclarations, exprimant des doutes quant à l'efficacité de cette démarche.


À l'issue de leur rencontre avec la Première ministre, Gentil Sony Mulume, un des activistes pro-démocratie, a exprimé une critique franches de l'État de siège, en déclarant que cette mesure, censée répondre à une situation d'insécurité, a, en réalité, conduit à une aggravation de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu depuis son instauration en 2021, affirmant ainsi qu'il a non seulement échoué à améliorer la situation sécuritaire, mais également exacerbé les problèmes, et a insisté sur la nécessité d'une évaluation sérieuse de cette mesure.


Selon lui, cette mesure semble plus relever d'un enjeu politique et économique que d'une réelle volonté de restaurer la paix, tout en appelant à la libération de ses membres arrêtés dans le cadre de cet État de siège.


"Nous sommes venus avec notre mémo et nous avons insisté sur le fait que l'État de siège dans la province du Nord-Kivu a été un échec. En effet, quand on décrète un État de siège, c'est pour chercher à trouver une solution à une situation d'insécurité. Or, en province du Nord-Kivu, depuis que l'État de siège a été décrété en 2021, la situation sécuritaire s'est empirée, même par rapport à la période précédant cette déclaration. Nous ne pouvons pas mâcher nos mots devant la Première ministre", a-t-il dit.


Et de poursuivre : "Nous avons réitéré que l'État de siège a échoué. Nous avons compris que l'État de siège a un caractère de business politique et économique. Il y a eu des arrestations de nos membres, et nous avons demandé à la Première ministre de s'investir pour qu'ils puissent être libérés. Nous voulons que cette mission présente un rapport juste au Président de la République, et qu'il puisse lever cet État de siège, qui n'a produit aucun effet positif".


La Première ministre, qui était accompagnée d'une délégation importante, composée des membres du Gouvernement et de députés nationaux, a manifestement pris en considération ces différentes recommandations et devra les transmettre au Président de la République.


La Cheffe du Gouvernement Judith Suminwa ne devrait pas s’arrêter à Goma. Elle doit également se rendre à Bunia, en Ituri, où un objectif similaire l'attend : évaluer sur place la situation sécuritaire, dont l'État de siège, et recueillir de nouvelles impressions sur la manière dont cette mesure y est perçue. Cette visite, bien que prometteuse, devra rapidement se traduire en actions concrètes, pour répondre aux attentes de la population.

Samedi 23 novembre 2024 - 09:14