Par la Rédaction
Des habitants sont sortis en masse, cette nuit du dimanche 23 mars 2025, dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, pour manifester contre la présence des éléments du groupe armé M23 soutenus par l'Armée rwandaise. Les manifestants, principalement issus des quartiers de Chai, Essence, Ibanda, Kadutu, Bagira et Panzi, ont érigé des barricades et lancé des chants revendicatifs, malgré les violents crépitements de balles.
Dans le quartier de Chai, les manifestants ont occupé la chaussée, en bloquant la route, scandant "Que tous les Rwandais retournent chez eux", un appel direct à l'expulsion des membres du M23, qu'ils considèrent comme une menace pour leur sécurité. Ce cri de ralliement a été accompagné de scènes de chaos, où la population s'est retrouvée face aux forces rebelles tentant de rétablir l'ordre par la force.
La situation était similaire au quartier Essence, dans la commune d'Ibanda. Les habitants, toujours opposés à la présence des rebelles, ont entonné des chants, tels que "Muyomba toka" [entendez "Oncle, quitte"]. Ce message est une référence directe à l'implication du Rwanda, accusé d'apporter son soutien aux rebelles du M23. Les éléments du groupe armé ont tenté de disperser la foule à coups de balles, mais les manifestants ont continué à défier l'autorité des rebelles, criant des slogans de paix et de souveraineté nationale.
Dans la commune de Kadutu, l'atmosphère est restée tendue. Les habitants du quartier C, où la situation sécuritaire est particulièrement préoccupante, sont également descendus dans la rue, exigeant le retour de la paix et dénonçant l'insécurité croissante. "Nous voulons notre Congo", ont scandé les manifestants, exprimant leur frustration face à la situation précaire dans laquelle ils se trouvent.
Le quartier de Panzi a également été le théâtre de manifestations en début de nuit. Des centaines d'habitants, en colère contre la violence et les incursions des groupes armés, ont rejoint les rues en chantant "Libérez notre Congo". Des scènes impressionnantes ont été filmées, montrant des habitants désarmés en train de récupérer des armes aux militaires, leur demandant de quitter la ville. Un habitant, visiblement épuisé par la violence, a déclaré : "Nous ne voulons plus vivre sous la peur. Nous voulons la paix, et pour cela, ils doivent partir."
À 22h40, la situation a commencé à se calmer, les rebelles du M23 ayant réussi à disperser les manifestants dans plusieurs coins de la ville. Cependant, l’atmosphère reste tendue et de nombreux habitants demeurent sur leurs gardes, appelant à un retour à la paix et à la sécurité. La violence, qui s’intensifie ces derniers jours, met en lumière les préoccupations croissantes des citoyens face à l'instabilité persistante.
La ville de Bukavu, qui fait face à de multiples défis sécuritaires, semble être dans l'attente d’une intervention décisive pour ramener la paix et protéger ses citoyens. Les manifestations, bien qu'elles aient été dispersées, témoignent d'une population qui n'accepte plus l'insécurité et la présence des groupes rwandaises sur son sol.