Par Prehoub Urprus
L'IGF -Inspection Générale des Finances- a levé le voile sur de graves dysfonctionnements dans la gestion de la paie des agents de l’État. À l'issue d'un audit rendu public le 27 avril 2025, devant les responsables de la paie des FARDC -Forces Armées de la République démocratique du Congo-, de la PNC -Police Nationale Congolaise- et de l'administration publique, l'IGF révèle un manque à gagner mensuel de près de 149 milliards de francs congolais pour le Trésor public.
Selon le rapport exploité ce mardi, 145.604 agents sont rémunérés avec des numéros matricules incorrects ou fabriqués pour les besoins de la paie. Pire encore, 53.328 agents disposent à eux seuls de plusieurs numéros d'identification, tandis que 93.356 agents partagent un même matricule.
L’enquête met également en lumière que 43.725 agents perçoivent des salaires alors que leurs noms n’apparaissent sur aucune liste déclarative des services d’origine. Plus préoccupant, 961 agents responsables du traitement de la paie figurent eux-mêmes sur les listes de paie de plusieurs ministères, certains sur plus de 15 fichiers différents.
Face à cette situation alarmante, l'IGF annonce des mesures immédiates de désactivation pour les cas d’irrégularités manifestes, et le transfert des dossiers des agents impliqués aux instances judiciaires.
Mandatée par le Vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, l'Inspection Générale des Finances poursuivra les opérations de nettoyage du fichier des agents de l’État en collaboration avec l’Inspection Générale de l’Administration Publique.