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Burundi : huit enfants congolais morts de malnutrition en deux semaines au camp de Musenyi

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Les réfugiés congolais récemment arrivés vivent dans des conditions de grande promiscuité dans le site de Musenyi, dans le sud du Burundi [photo d’illustration]
Les réfugiés congolais récemment arrivés vivent dans des conditions de grande promiscuité dans le site de Musenyi, dans le sud du Burundi [photo d’illustration]

Par Prehoub Urprus

Huit tombes fraîches en quatorze jours. Huit petites vies arrachées à l’espoir, avant même d’avoir eu le temps de s’accrocher à la vie. C’est le terrible bilan dressé en avril par le Forum pour le renforcement de la société civile du Burundi, au camp de transit de Musenyi, en province de Rutana. Huit enfants congolais réfugiés, tous âgés de moins de cinq ans, ont succombé à la malnutrition, dans l’indifférence d’un monde trop habitué aux drames lointains.

Ces enfants ne sont pas nés en paix. Leurs familles ont fui les violences dans l’Est de la RDC -République démocratique du Congo-, théâtre d’une guerre d’agression alimentée par le régime rwandais. En quête de sécurité, ils ont trouvé la faim. À Musenyi, le calme du sol burundais ne suffit pas à remplir les ventres.

"Nous n’avons rien. Nos enfants meurent parce que nous n’avons pas de nourriture", souffle une mère réfugiée, le regard perdu, le corps amaigri par les mêmes privations qu’elle tente de cacher à ses enfants. Derrière elle, d’autres femmes hochent la tête, impuissantes face à une situation qui dépasse leur volonté.

Le site de Musenyi accueille aujourd’hui environ 14.000 réfugiés congolais. Plus de 2.000 enfants de moins de cinq ans y vivent, ou plutôt y survivent, dans des conditions où même le strict minimum du Plumpy’Nut [un sachet de pâte nutritive] devient un luxe inaccessible. Et pourtant, la vie de ces enfants en dépend.

Malgré la présence de quelques organisations humanitaires et caritatives, au nombre desquelles, la Fondation Denise Nyakeru, l’aide reste sporadique, inadaptée et largement insuffisante. Les soins médicaux font défaut, les stocks alimentaires s’amenuisent, et chaque jour devient un combat pour éviter un nom de plus sur la liste des victimes.

"Nous ne demandons pas des miracles. Seulement de quoi nourrir nos enfants. Nous pouvons supporter la faim, pas leurs funérailles", lâche une autre réfugiée, la voix brisée.

Selon UNHCR, depuis janvier 2025, plus de 71.000 personnes ont fui les violences persistantes dans l'est de la RDC, pour se réfugier au Burundi. Dès lors, plus de 12.300 d'entre elles ont été transférées vers le site de réfugiés de Musenyi, situé à l'est du Burundi, à environ cinq heures de route de la frontière avec la RDC. D'autres vivent auprès de communautés d'accueil avec lesquelles elles ont tissé des liens étroits dans les zones frontalières.

Les conditions de vie dans le site de réfugiés de Musenyi, qui accueille, jusqu'à la fin du mois d’avril, quelque 16.000 réfugiés, sont devenues intenables. En raison de la surpopulation, des abris d'urgence ont dû être installés dans des zones de plaine initialement destinées à l'agriculture. Avec l'arrivée de la saison des pluies, beaucoup de ces abris sont aujourd'hui inondés, ce qui aggrave encore les conditions de vie et augmente les risques de maladies. Les infrastructures de base, tels que les écoles, les centres de santé et les installations sanitaires sont, soit inexistantes, soit saturées, exacerbant les tensions entre les communautés de réfugiés déjà présentes et les nouveaux arrivants.

Vendredi 2 mai 2025 - 13:02