Par Gloire Balolage
La PNC -La Police nationale congolaise- a interpellé, ce mardi, quatre suspects, quelques heures seulement après l’assassinat de trois chauffeurs de taxi-motos dans la commune de Kampemba. Le drame est survenu dans la nuit du 16 au 17 juin.
Selon les premiers éléments recueillis par la police, les violences auraient éclaté lors d’une veillée mortuaire perturbée par un groupe de jeunes identifiés comme appartenant à un gang local. En réaction, des habitants en colère ont organisé une justice populaire, capturant trois présumés agresseurs qu’ils ont lynchés et brûlés vifs sur place.
Alerté par la mobilisation de jeunes manifestants dénonçant l’insécurité, le commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba, chef de la police dans le Haut-Katanga, s’est rendu immédiatement sur les lieux. Dans une allocution publique, il a tenté de rassurer la population.
«Ceux qui ont opéré aujourd’hui sont aux arrêts. Ces quatre vont payer le prix du sang de nos frères qu’ils ont versé», a-t-il déclaré.
«Nous ne voulons pas rester dans les bureaux. Nous sommes sur le terrain, pour comprendre les réalités, dialoguer avec les habitants, les chefs de quartiers et installer un système de réponse rapide», a expliqué Blaise Kilimbalimba.
Le commissaire a annoncé le renforcement du dispositif sécuritaire dans les zones sensibles, notamment dans les quartiers Golf et Kampemba, identifiés comme «points chauds». Des jeeps d’intervention rapide y ont été déployées, et un numéro vert a été mis à disposition pour permettre aux citoyens de signaler en temps réel tout acte criminel.
Sur le terrain, la population reste sur le qui-vive, mais a accueilli favorablement la descente du chef de la police. Plusieurs habitants du quartier Golf, victimes d’intrusions nocturnes la veille, ont exprimé un soulagement mêlé de prudence.
«C’est très réconfortant de voir le général lui-même sur le terrain. Cela nous rassure. Mais il faut que les interventions soient plus rapides. Hier, la police a mis près de 40 minutes à arriver. Si les bandits avaient été armés, cela aurait pu finir très mal», a déclaré un habitant.
Cette descente du commissaire Kilimbalimba s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’insécurité urbaine, marquée par une série de rencontres avec les autorités locales et les comités de quartiers. Objectif : comprendre les modes opératoires des criminels et instaurer des réponses adaptées dans les zones à risque.
Dans une ville confrontée à une montée des actes de banditisme, les autorités veulent désormais renforcer la collaboration entre la police et les citoyens pour restaurer la confiance.