Butembo : cri de détresse des vendeuses face à la dégradation de la route Beni-Butembo et aux inondations récurrentes

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Par Denise Kyalwahi 

À Butembo, la colère monte parmi les commerçantes de produits vivriers. Depuis plusieurs semaines, la route nationale Beni-Butembo, principal axe d’approvisionnement de la ville, est dans un état de délabrement avancé. Les pluies diluviennes de ces derniers jours ont encore aggravé la situation, plongeant la région dans une véritable crise économique et humanitaire silencieuse.

Les pluies qui paralysent les échanges commerciaux

Ce samedi 1er novembre 2025, au centre commercial de Butembo, l’ambiance est morose. Les étals de farine de manioc, de bananes, de fruits et de légumes se vident à vue d’œil. Beaucoup de marchandises n’arrivent plus à destination à cause des inondations et de l’impraticabilité de la route reliant Beni à Butembo, un tronçon vital pour l’économie locale.

« Nous demandons aux autorités de réhabiliter la route, car la nourriture est devenue coûteuse. Celle que nous empruntons n’est plus praticable », se désole une vendeuse rencontrée sur le marché.

Sa voisine renchérit :

« Qu’ils réhabilitent la route le plus tôt possible ! Nous passons des heures bloquées dans la boue. Quand nous arrivons tard, la nuit tombe, les clients s’en vont et nos produits se gâtent». 

Des pertes économiques considérables sont observables à travers cette ville économique.Les retards de livraison causés par la boue et les glissements de terrain entraînent la perte de tonnes de vivres avant même leur arrivée au marché. Certains produits, comme la farine de manioc, se mouillent ou pourrissent durant le trajet.

« J’ai acheté la farine à Mataba avant-hier. Elle était déjà mouillée à notre arrivée. Nous avons passé la nuit sur la route à cause des flaques et des bourbiers. Nous avons tout perdu », témoigne une autre commerçante, visiblement découragée.

Ces pertes se répercutent directement sur les ménages, car les prix des produits de première nécessité explosent. Dans plusieurs quartiers de Butembo, les habitants peinent désormais à s’approvisionner en vivres, alors que les pluies continuent de s’abattre sans relâche. 

Un impact social et environnemental alarmant

Les inondations récurrentes ne font qu’accentuer les difficultés de mobilité et d’approvisionnement. Les routes, déjà fragiles, se transforment en torrents de boue. Des quartiers entiers deviennent inaccessibles, les champs sont submergés, et les paysans ne parviennent plus à écouler leurs récoltes.

Des observateurs locaux estiment que cette situation résulte à la fois du changement climatique, d’un manque d’entretien routier et de la mauvaise planification urbaine.

« Ce n’est pas seulement une question de route, c’est une question de survie », alerte un acteur de la société civile. « Les inondations détruisent les champs, les routes et les espoirs des familles. Sans action urgente, la sécurité alimentaire de toute la région est menacée. »

Les habitants appellent à une action urgente

Les habitants de Butembo demandent au gouvernement provincial du Nord-Kivu et au Fonds National d’Entretien Routier (FONER) d’intervenir rapidement pour réhabiliter la route Beni-Butembo et mettre en place des mesures durables de gestion des eaux de pluie.

En attendant, les populations locales continuent de subir les conséquences d’une double crise, infrastructurale et climatique, qui paralyse l’économie de la région et fragilise les moyens de subsistance.

La ville de Butembo, située dans l’est de la RDC, subit de plein fouet les effets du changement climatique. Les précipitations sont de plus en plus intenses et imprévisibles, entraînant des inondations répétées. Ces phénomènes accentuent la vulnérabilité des communautés rurales et urbaines déjà affectées par les problèmes d’insécurité et de pauvreté.

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Lundi 3 novembre 2025 - 13:43