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Maniema : fin d’activités de Médecins Sans Frontières à Salamabila

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Par Gloire Balolage 

Après sept années d’activités dans la zone de santé de Salamabila, dans la province du Maniema, MSF- Médecins Sans Frontières a mis un terme à son intervention médicale. L’organisation humanitaire a assuré la prise en charge de milliers de survivants et survivantes de violences sexuelles, de cas de paludisme et de malnutrition, contribuant ainsi à réduire de manière significative la mortalité liée au paludisme et aux grossesses.

Selon un communiqué de presse publié par MSF, ce retrait, explique l’organisation, ne traduit pas un changement de cap mais l’achèvement d’un processus planifié dès l’ouverture du projet. MSF précise qu’une surveillance épidémiologique de la zone est maintenue, ainsi qu’une capacité de déploiement rapide en cas d’urgence.

"Nous considérons que les objectifs du projet sont atteints aujourd’hui. Après toutes ces années de présence continue, nous devons faire le difficile choix opérationnel, en tant qu’organisation d’urgence, de continuer à déployer notre aide médicale là où les besoins sont les plus pressants", a déclaré Issa Moussa, responsable des programmes MSF dans le Maniema.

Durant ses sept années d’intervention, MSF a pris en charge 16 436 victimes de violences sexuelles, vacciné 113 000 enfants contre la rougeole, soigné 411 000 cas de paludisme et 26 817 enfants souffrant de malnutrition aiguë. Entre 2019 et 2024, le taux de décès maternel a été divisé par vingt et celui de la mortalité liée à la malaria par deux.

L’organisation a également formé 13 agents de santé reproductive et plus d’une centaine d’agents de santé curative, tout en transférant au ministère de la Santé les infrastructures mises en place : blocs opératoires, maternités, structures de traitement des déchets, puits d’eau potable et équipements solaires.

MSF a en outre réhabilité l’hôpital de Salamabila, créant de nouveaux services – urgences, maternité, pédiatrie, néonatalité et malnutrition aiguë et installant 136 panneaux solaires pour garantir une autonomie énergétique complète. “Avant MSF, Salamabila n’était qu’un petit centre de santé. MSF a presque tout bâti et en a fait le deuxième hôpital de la province”, a salué le médecin chef de zone, Charles Bamavu.

Malgré les progrès accomplis, les besoins humanitaires demeurent considérables. Le Maniema reste une province marginalisée dans les financements humanitaires, ne recevant en 2024 que 2,5 % des fonds alloués par le Fonds humanitaire de la RDC. Cette situation compromet gravement l’accès aux soins pour la population.

"Malgré l’impact tangible de notre intervention depuis 2018, l’ampleur des besoins multisectoriels reste immense”, a souligné Issa Moussa. “La province du Maniema est l’une des plus enclavées du pays. L’insécurité, l’éloignement des structures de santé et le coût élevé des transports limitent fortement l’accès aux soins."

MSF rappelle enfin avoir accompagné l’ensemble du parcours de soins des patients du niveau communautaire jusqu’aux soins tertiaires tout en garantissant la continuité et la qualité des services médicaux. L’organisation appelle les autorités et les acteurs humanitaires à assurer la continuité de l’accès aux soins et à faciliter la distribution de l’aide humanitaire dans cette région enclavée du pays.

Lundi 3 novembre 2025 - 15:30