Nyiragongo : la société civile alerte sur la dévastation des champs de Kibumba par des buffles venus du Parc des Virunga

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Par Prosper Buhuru

La coordination territoriale de la société civile de Nyiragongo tire la sonnette d’alarme sur la destruction massive des champs des populations du groupement Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo, par des buffles en provenance du Parc national des Virunga. Dans un communiqué publié, ce vendredi 7 novembre 2025, elle dénonce le silence de la direction provinciale de l’ICCN -Institut Congolais pour la Conservation de la Nature- et appelle à une intervention urgente pour protéger les habitants.

Selon le document signé par son président, Jean-Claude Mambo Kawaya, ces animaux sauvages ravagent régulièrement les cultures dans plusieurs villages, notamment Rutovu, Kabindi, Kiroje et Kibiriga. Les agriculteurs, déjà éprouvés par des années de conflit et d’occupation du territoire par le M23-AFC, voient leurs champs dévastés à chaque saison culturale, ce qui compromet gravement leur survie.

La société civile de Nyiragongo demande au Directeur général de l’ICCN d’ordonner sans délai la construction d’une clôture électrique pour empêcher la traversée des buffles et protéger les civils.

"Ne pas résoudre ce problème dans un bref délai, c’est vouloir susciter et accentuer la tension entre les gestionnaires du Parc national des Virunga et la population riveraine", prévient le communiqué.

Pour cette structure citoyenne, ces attaques animales ont des conséquences directes sur l’économie locale.

"Ces champs constituent la principale source de revenus pour les familles qui, malgré les guerres à répétition, s’efforcent de nourrir leurs enfants et de subvenir à leurs besoins vitaux", rappelle-t-elle, plaidant pour une indemnisation des agriculteurs victimes.

Le groupement de Kibumba, l’un des sept que compte le territoire de Nyiragongo, est reconnu pour la fertilité de son sol et son potentiel agricole. La disparition des fils électriques qui séparaient autrefois le parc des zones habitées, à la suite du retrait des autorités gouvernementales, aurait facilité la circulation des animaux sauvages, notamment des buffles du secteur de Mikeno.

Face à cette situation, la société civile appelle à une action rapide pour préserver la cohabitation pacifique entre les communautés locales et les gestionnaires du Parc national des Virunga, tout en garantissant la sécurité alimentaire des populations.

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Vendredi 7 novembre 2025 - 12:39