Est de la RDC : 467 incidents enregistrés en 2025 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu contre les humanitaires, selon le nouveau rapport d’OCHA

Catégorie
Image
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) [photo d'illustration]
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié, ce jeudi 8 janvier 2026, son rapport mensuel faisant état d’une détérioration notable de la sécurité des acteurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo

Le rapport révèle une recrudescence des incidents enregistrés en décembre 2025, confirmant un contexte opérationnel de plus en plus précaire pour les organisations engagées dans l’assistance aux populations.

Selon OCHA, 48 incidents ciblant les humanitaires ont été recensés au cours du seul mois de décembre, contre 39 en novembre. 

Cette hausse concerne principalement le Sud-Kivu, qui concentre à lui seul 24 incidents, soit 50 % du total mensuel. Le Nord-Kivu en compte 12 (25 %), l’Ituri 6 (13 %), tandis que le Tanganyika et le Maniema enregistrent chacun 3 incidents, représentant 6 % par province. Cette évolution traduit une nouvelle dégradation du climat sécuritaire, particulièrement marquée au Sud-Kivu.

Sur l’ensemble de l’année 2025, 626 incidents ayant affecté les acteurs humanitaires ont été rapportés à l’échelle nationale. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée, avec 290 incidents, soit 46 % du total. Le Sud-Kivu suit avec 177 incidents (28 %), puis l’Ituri avec 89 (14 %). Le Tanganyika et le Maniema ferment la liste avec respectivement 48 (8 %) et 22 (4 %). Ces chiffres confirment la persistance de contraintes d’accès majeures dans plusieurs zones.

OCHA souligne que la situation au Sud-Kivu s’est particulièrement aggravée en décembre, en raison des changements de positions sur les lignes de front. Cette évolution a contribué à une hausse notable des difficultés rencontrées par les équipes humanitaires, qui peinent à atteindre certaines populations isolées ou exposées à des violences récurrentes.

La comparaison entre la tendance annuelle et les données du mois de décembre met en lumière un déséquilibre significatif. Alors que le Sud-Kivu représente en moyenne 28 % des incidents sur l’année, il en concentre 50 % pour le mois de décembre. À l’inverse, le Nord-Kivu, habituellement la province la plus affectée avec 46 % des incidents annuels, n’en représente que 25 % pour ce mois.

La typologie des incidents enregistrés en décembre reste similaire à celle des mois précédents. Les cambriolages, vols et intrusions arrivent en tête, totalisant 36 % des cas. Ils sont suivis des entraves et restrictions de circulation qui représentent 34 %, entravant considérablement la capacité des humanitaires à se déplacer en toute sécurité pour mener leurs opérations.

De plus, OCHA relève que 27 % des incidents de décembre relèvent d’actes d’intimidation, de menaces ou d’agressions physiques. Ces comportements renforcent la pression exercée sur les équipes humanitaires et compliquent davantage leur mission, déjà confrontée à de multiples défis logistiques et sécuritaires.

Enfin, le rapport d’OCHA alerte sur une dégradation inquiétante de l’environnement humanitaire dans l’est de la RDC, tout en appelant à un renforcement des mesures de protection et d’accès sécurisé.

Étiquettes
Jeudi 8 janvier 2026 - 16:59